17.05.2012
« Mémoire vive » de Alain de Benoist

Mémoire vive, d’Alain de Benoist, est un livre d’entretiens avec François Bousquet : un festival d’intelligence, une promenade idéologique passionnante. A la fois histoire intellectuelle du dernier demi-siècle et panorama des enjeux du XXIe, Mémoire vive se lit d’une seule traite. Jean-Yves Le Gallou fait le point pour Polémia.
Mémoire vive, d’Alain de Benoist, est un livre d’entretiens avec François Bousquet : un festival d’intelligence, une promenade idéologique passionnante. A la fois histoire intellectuelle du dernier demi-siècle et panorama des enjeux du XXIe, Mémoire vive se lit d’une seule traite. Jean-Yves Le Gallou fait le point pour Polémia. Mémoire vive est un livre singulier : c’est une promenade intellectuelle à travers le dernier demi-siècle, et qui remonte même bien au-delà. Car Alain de Benoist est un « intellectuel engagé » qui s’intéresse aux origines et à la généalogie. Celle de sa famille éclaire son parcours. De père aristocrate et de mère issue d’un milieu populaire, il n’a guère d’ancêtres bourgeois ; encore moins de sympathie avec l’esprit bourgeois, en qui il voit la domination de l’argent : « L’argent (…), cet équivalent universel qui transforme la qualité en quantité. » Le refus de Mammon sera une constante du parcours d’Alain de Benoist. Tout comme son goût pour les périphéries régionales, son attachement aux racines locales, sa méfiance à l’égard des jacobinismes.
Pic de la Mirandole avec un clavier
Son parcours, Alain de Benoist l’a commencé enfant dans les années 1950. Des années frugales. C’est l’époque des « Dinky toys » où un jeune garçon n’avait guère plus d’une dizaine de voitures miniatures, des jouets qui le suivaient de l’enfance à l’adolescence. Aujourd’hui, son fils ou son petit-fils en aura des dizaines qui se succéderont les unes aux autres : à peine achetées, sitôt jetées ! Belle initiation à la société de consommation, une société de consommation qui ne s’est épanouie qu’à partir des années 1960.
Ceux qui sont nés plus tard l’ignorent et ceux qui ont vécu ces années-là l’ont oublié : mais, jusqu’en 1960, « la grande césure », la moitié des Français n’avaient pas l’eau courante au robinet et les plus riches – ceux qui avaient des maisons de campagne ou des châteaux – allaient tirer l’eau au puits durant leurs vacances. Alain de Benoist évoque, avec sensibilité, cette époque avec « des façons de parler, des sentiments et même des types humains aujourd’hui quasiment disparus », balayés par la modernisation et le confort qui sont des « avancées » très récentes.
Pour autant, le jeune Alain de Benoist s’est d’emblée frotté à la technologie : dès huit ans, il tapait ses devoirs à la machine à écrire. Acquérant dans l’art de la frappe une dextérité extraordinaire qui l’aide aujourd’hui à diriger deux (voire trois ?) revues, écrire plusieurs livres à la fois et travailler sur de nombreux articles, tout en répondant courtoisement aux courriels de ses très nombreux correspondants. Alain de Benoist, c’est Pic de la Mirandole avec un clavier.
Doué d’une intelligence précoce, Alain de Benoist a aussi connu un engagement précoce : « une jeunesse agitée » qui, sur les ruines de l’Algérie française, lui fait découvrir le militantisme (la ronéo) et le combat intellectuel dès l’âge de quinze ans. De ce militantisme il dit qu’ « il est une école de discipline, de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi (…) Un creuset d’amitié comme il y en a peu. »
Depuis 1960, la presse française a eu deux grandes écoles de formation.
- – l’école d’extrême gauche, qui s’est constituée, à partir de 1968, dans les fanzines communistes, maoïstes ou trotskystes et qui, par « reproduction » successive, contrôle aujourd’hui une bonne partie des médias ;
- – l’école issue de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), qui est née entre 1962 et 1967. Deux jeunes hommes y firent leurs premières armes : Amaury de Chaunac-Lanzac (François d’Orcival) et Alain de Benoist (Fabrice Laroche) qui publièrent ensemble Le Courage est leur patrie et Rhodésie, pays des lions fidèles, préfacé par Ian Smith, héros de l’indépendance blanche de la Rhodésie*.
François d’Orcival évoluera ensuite vers le combat libéral, le soutien à la droite parlementaire et un atlantisme pro-israélien. C’est aujourd’hui une éminente personnalité du monde de la presse, décoré de la Légion d’honneur et membre de l’Institut.
Le parcours d’Alain de Benoist a été plus chaotique : après une grande notoriété dans les années 1970, il a vécu dans une sorte d’exil intérieur, davantage invité à l’étranger qu’en France. Il suivra un parcours de vrai dissident, n’hésitant pas à choquer ses amis ou ses soutiens : alors collaborateur à Valeurs actuelles, il avait écrit, en 1976, qu’il « préférait porter la casquette de l’Armée rouge que manger des hamburgers à Brooklyn », un propos qui pouvait paraître un peu désordre en pleine Guerre froide… Alain de Benoist s’en explique d’ailleurs avec une certaine insistance : il n’a pas « choisi une stratégie pour ses idées, de peur d’avoir les idées de sa stratégie ». Pour lui, le travail d’un intellectuel n’a de sens que s’il exprime réellement sa pensée indépendamment de calculs opportunistes.
Le printemps de la « Nouvelle Droite »
Le morceau de choix du livre est le long chapitre consacré à la « Nouvelle Droite ».
C’est une période très féconde de recherche intellectuelle qui démarre avec la fondation du GRECE et la création de Nouvelle Ecole en (mars !) 1968. C’est dans les années 1970 que furent posés les jalons d’une idéologie centrée sur les origines (« Tout est beau dans les origines ») : biologiques (la question de la race n’est alors pas éludée), culturelles, civilisationnelles. On retiendra notamment les travaux sur les fêtes et les traditions, la prise en considération de l’héritage païen de l’Europe, la redécouverte des sources celtiques et nordiques, l’importance accordée aux thèses de Georges Dumézil sur l’univers trifonctionnel des Indo-Européens et le nécessaire équilibre entre les fonctions de souveraineté, de défense et de production. Nous en sommes loin aujourd’hui avec le primat absolu (et pathologique) pris par la fonction marchande.
Alain de Benoist revisite cette période-clé avec un mélange de distance et de bienveillance. Il estime excessive la part d’explication alors accordée au déterminisme biologique. Il est vrai que l’inné n’est rien sans l’acquis et que « l’homme est par nature un être de culture » (Arnold Gehlen). Pour autant, comment expliquer, aujourd’hui, autrement que par le facteur racial, que, sur les cinq continents et dans toutes les cultures, les enfants d’origine asiatique réussissent (en moyenne) scolairement, économiquement et socialement mieux que les enfants d’origine africaine ? Bien sûr, ce constat statistique est atrocement politiquement incorrect et il est évidemment plus facile d’interdire ou d’occulter son expression que de la contester. Il n’empêche : les faits sont têtus !
Néanmoins, Alain de Benoist reste intellectuellement fidèle à cette période : il a publié en 2006 un brillant essai, Nous et les autres : une problématique de l’identité, et vient de consacrer les deux derniers numéros de Nouvelle Ecole aux Grecs et aux Romains, un intéressant retour aux fondamentaux. Dans les années 1970 les humanités classiques étaient encore au cœur de l’enseignement ; remettre en mémoire les héritages celtes ou germaniques c’était élargir la vue du monde européen. Aujourd’hui que les humanités ont disparu des collèges et des lycées le retour aux Grecs et aux Romains est une urgence !
Heurs et malheurs du Figaro-Magazine
La « Nouvelle Droite », « cette belle aventure de l’esprit », ce sera aussi une formidable histoire de presse, avec la création du Figaro-Dimanche en 1977, puis du Figaro-Magazine en 1978 : un journal au contenu intellectuel brillant et aux lecteurs nombreux, jusqu’à 800.000 exemplaires hebdomadaires. C’est précisément le succès en termes de lectorat du Figaro-Magazine qui le condamna à mort. Le magazine dirigé par Louis Pauwels fit l’objet de deux attaques massives : la campagne de l’été 1979 contre la « Nouvelle Droite », première campagne française de diabolisation ; puis, en octobre 1980, la campagne de sur-diabolisation qui suivit l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic (attentat d’origine proche-orientale attribué à « l’extrême droite »), attentat que Jean Pierre-Bloch, à l’époque président de la LICRA, imputa au « climat intellectuel » créé par le Figaro-Magazine.
Le résultat de cette campagne fut une épuration progressive du Figaro-Magazinesous la pression des milieux bien-pensants, à la Jean d’Ormesson, et des publicitaires, en particulier Maurice Lévy, de Publicis (aujourd’hui patron de l’AFEP, la très puissante Association française des entreprises privées). Louis Pauwels dut mettre de l’eau dans son vin, se séparer de plusieurs journalistes, renvoyer son rédacteur en chef, Jean-Claude Valla, et remiser Alain de Benoist à la rubrique vidéo (ce qui revient à laisser une Ferrari au garage !).
La réussite de cette stratégie fut au rendez-vous : le Figaro-Magazine perdit les trois quarts de ses lecteurs et… augmenta ses recettes publicitaires : preuve, s’il en est besoin, qu’en matière de presse les logiques de pouvoir sont infiniment plus fortes que les logiques économiques. Les règles du marché… ne sont pas celles que l’on croit. « C’est Tartuffe, Trissotin et Torquemada qui font la loi » (Michel Mourlet).
Un chemin de pensée dans l’adversité
A partir de 1980/1981, Alain de Benoist entame une longue traversée du désert. Du désert médiatique français, s’entend, car il publie beaucoup à l’étranger et y intervient souvent à la télévision, notamment italienne. Il ne se plaint pas de son sort, reprenant la devise de la reine d’Angleterre : « Never complain, never explain. » Il forge des concepts nouveaux promis à un bel avenir (la pensée unique) ou dénonce (avec Guillaume Faye) « le système à tuer les peuples ».
Il analyse le caractère « liquide » de la pensée post-moderne. Pour lui, « la vie n’est pas neutre », d’où sa critique du libéralisme quand ce dernier « fait l’apologie d’un Etat qui resterait neutre par rapport aux choix des citoyens quant aux différentes conceptions de la “vie bonne”. Cette neutralité est illusoire. D’ailleurs, vouloir rester neutre, c’est encore s’engager, car la neutralité fait toujours le jeu de quelqu’un ».
Alain de Benoist condamne toujours l’égalitarisme et l’idéologie de la « mêmeté ». Mais sa réflexion le porte de plus en plus sur la critique du capitalisme et de la « forme-capital », instrument de destruction de toutes valeurs traditionnelles s’opposant au culte de l’argent. C’est une analyse qu’on peut qualifier de très schumpetérienne.
En désaccord avec toute forme de « libéralisme national » (Henry de Lesquen), Alain de Benoist juge vain d’opposer ou de distinguer libéralisme politique, économique et sociétal. Pour lui, l’un se nourrit de l’autre : reconnaissons que l’alliance médiatique du trotskysme de salles de rédaction et du capitalisme financier conforte ce point de vue.
Alain de Benoist a aussi été parmi les premiers à mettre en avant le local par rapport au global.
Une madone de vitrail ? Non, un intellectuel debout !
Certes, ce païen qui dédicace son livre à l’abbé de Tanoüarn n’est pas une madone de vitrail. Sa tendance à aimer choquer ceux qui pourraient le soutenir est parfois irritante. Sa dialectique qui consiste à se démarquer de la « xénophobie », de la critique de l’immigration et de « l’extrême droite » en en reprenant les caricatures diabolisantes est à la fois facile et peu élégante. Et certains silences ne sont que des prudences.
Reste qu’Alain de Benoist peut légitimement écrire : « Je suis fier d’être resté un esprit libre. Je suis fier de n’avoir jamais déserté la pensée critique. (…) Je n’ai jamais abandonné le désir de voir “de l’autre côté du miroir”. Je ne suis pas l’homme de la repentance ou de la Téchouvah. C’est aussi une chose dont je suis fier. » Enfant, Alain de Benoist a lu la fable de Jean de La Fontaine sur Le Loup et le Chien. Il a choisi son camp. Nous aussi.
Jean-Yves Le Gallou
Polémia
1/05/2012
Note :
*En 1965, la Rhodésie du Sud à gouvernement blanc était l’un des pays les plus calmes et les plus prospères d’Afrique. Le pouvoir fut transféré à la majorité noire et à Robert Mugabe en 1980. Devenue Zimbabwe, la Rhodésie se classe aujourd’hui au dernier rang de l’indice du développement humain de l’ONU.
Sauf indications contraires les citations sont extraites de Mémoire vive.
Alain de Benoist, Mémoire vive/ Entretiens avec François Bousquet, Editions de Fallois, Collection Littérature, 2 mai 2012, 330 pages.
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Les garcons bouchers Dans la salle du bar
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16.05.2012
Conférence du Cercle Georges Sorel avec Guillaume Faye (Paris)
Le Cercle Georges Sorel reçoit ce vendredi 18 mai Guillaume FAYEpour son ouvrage paru il y a quelques mois "Sexe & dévoiement" ainsi que pour celui à paraitre "Mon Programme".
Attention : Le nombre de place est limité à 60. Les réservations se font par mail au cerclegs[at]yahoo.fr
Le lieu de conférence à Paris, dans le 15ème arrondissement, sera communiqué la veille.
15:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LES ECRANS DISSIDENTS
Le collectif « Les Ecrans Dissidents » organise des projections-débats de films et documentaires. Objectif, décrypter les œuvres du 7ème art, analyser à l’aide de documentaires des faits d’actualité touchant à la politique, l’écologie, les luttes sociales, l’enracinement …
Contact : culture@mas-org.com
00:23 Publié dans Conférence, Culture, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
1960's Garage Rock | One Way Streets - We All Love Peanut Butter
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15.05.2012
Futurista!

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Vers une philosophie de l'écologie ?
Yves Argoaz
“Les civilisations sont à l’image des territoires vivants dans lesquels elles plongent leurs racines: diverses. Cette diversité culturelle est menacée comme la diversité biologique, parce que certaines civilisations, convaincues de leur supériorité, prétendent occuper tout l’espace en déclarant leurs valeurs universelles. (...) L’attachement à une communauté identifiée par son parler, ses traditions, ses savoir-faire, son histoire, l’amour d’un territoire qui exprime, par ses paysages, l’âme de cette communauté, est une dimension fondamentale de la personne humaine. Le déracinement est un drame, une source de déstabilisation psychologique et de difficultés existentielles. Le premier droit fondamental de la personne est de posséder une identité et celle-ci se confond avec celle du groupe humain auquel on appartient.”
Antoine Waechter, Dessine-moi une planète (Albin Michel, 1990)

La prise de conscience de l’importance primordiale des questions environnementales par un public toujours plus important dans les pays occidentaux est annonciatrice de révisions déchirantes dans notre façon de voir le monde, dans nos attitudes et comportements, dans nos choix existentiels, et, par voie de conséquence, dans notre système d’économie politique.
En France, Antoine Waechter fut l’un des premiers à réaliser que le véritable enjeux dépassait infiniment l’actualité des combats contre les multiples pollutions de la société industrielle, les tentatives d’ajouter à l’impératif de croissance du niveau de vie celui d’une amélioration de la qualité de vie. Cet écologisme réactif de première génération est certes important. C’est lui qui mobilise aujourd’hui, outre les partis Verts, de nombreuses coordinations ponctuelles contre les marées noires, les usines à risque, la prolifération des transports industriels, les empoisonnements alimentaires ou médicaux et les bombardements de l’OTAN, entre autres. Mais au-delà de cet activisme instrumentalisé par les partis politiques, les lobbies et l’industrie de l’environnement, la nouvelle conscience écologique est porteuse d’un bouleversement philosophique majeur dont les effets se feront sentir progressivement tout au long du nouveau siècle et au bout duquel —on peut s’aventurer à le prédire— la phase d’ exploitation frénétique du monde par l’Occident, inaugurée à l’aube de la Renaissance, se sera définitivement achevée.
Dès le départ, le choix de mots n’est pas neutre, reconnaît Antoine Waechter. Ce n’est pas un hasard si l’on insiste sur le terme d’ “ environnement ”. Cela signifie que le monde n’est considéré que comme l’entourage de l’espèce humaine, une sorte d’arrière-plan qu’elle peut modeler à sa guise pour servir ses propres desseins. “ Cette vision anthropocentriste est conforme à l’esprit de notre civilisation conquérante dont la seule référence est l’homme et dont toute l’action tend à une maîtrise totale de la terre... ” alors que le mot “ nature ” “ est expurgé de tous les discours comme s’il était indécent, tout au moins puéril, d’évoquer ce qu’il désigne. ” 1 La Natura latine signifiait tout simplement la “ naissance ”, comme l’indique sa parenté avec notre verbe “ naître ”. Ce sens concorde avec celui de la physis grecque, issue du verbe phuein (engendrer, produire, faire croître). Cette nature-surgissement ou jaillissement s’oppose à la nature-création des théologiens médiévaux. La première est ouverte, évolutive, en perpétuel renouvellement et transformation, alors que la seconde est fixée, rigide, strictement codifiée, tant du point de vue biologiste qui postule une “ nature humaine ” que du point de vue judéo-chrétien qui postule une morale universelle intangible, la Loi divine, dont l’impératif catégorique kantien et nos droits de l’homme ne sont que des avatars. Les critiques de la conception écologique du monde confondent souvent, par ignorance, ou parfois à dessein, le naturalisme créationniste ou théocentrique, aujourd’hui discrédité alors que la modernité laïque en est l’héritière directe, et ce qu’on peut appeler le “ naturisme ” inhérent à toutes les cultures traditionnelles et conceptualisé par les penseurs pré-socratiques grecs. Le nouveau ministre français de l’Éducation nationale, le philosophe Luc Ferry, qui, il y a dix ans, a publié une violente critique de la pensée écologique2 n’échappe pas à cette confusion .
Cette critique mérite qu’on s’y attarde à plus d’un titre : d’abord parce qu’elle va beaucoup plus loin que les diatribes superficielles, comme celle de l’économiste Gérard Bramoullé3. Ensuite parce qu’elle prend la tournure de la défense et illustration d’un ordre intellectuel établi (celui de l’ “ humanisme ”, de la “ démocratie ”, des “ droits de l’homme ”...) contre ce qui est perçu comme une subversion fantastique et très dangereuse. Enfin parce que l’argumentation de Luc Ferry, fondée sur un grand préjugé et de nombreux petits malentendus, n’étant pas convaincante, elle conforte d’autant plus la justesse de la nouvelle vision écologique du monde à qui tous les espoirs sont désormais permis.
Le grand préjugé de Luc Ferry, c’est celui des modernes selon lequel un progrès décisif et irréversible aurait été accompli par la rupture du judaïsme antique avec la conception païenne, cosmocentrique du monde. Rupture confirmée et accentuée par la révolution chrétienne et laïcisée par la philosophie des Lumières (principalement par Kant et ses héritiers des écoles de Marbourg et de Francfort) . Cette soi-disant progression, d’après Luc Ferry, et Jürgen Habermas avec qui il concorde en tout point4, réside dans “ l’arrachement ” de l’homme aux antiques liens de la communauté traditionnelle supposés entraver sa liberté en le confinant au statut d’objet parmi les autres objets du monde. Selon ce schéma linéaire de l’évolution morale et politique, nous sommes entrés dans l’ère du sujet autonome et de la Loi morale, conquêtes précieuses de la Révolution française inscrites dans nos Constitutions républicaines. Or, les nouvelles visions cosmiques du monde issues de l’ “ écologie profonde ” née en Amérique du nord, et se répandant comme une trainée de poudre en Europe5, remettent en question cet acquis fondateur de la modernité occidentale et menacent de faire retour à une conception holiste, aliénante de l’homme et de la société que nous croyions définitivement abolie dans nos contrées progressistes. C’est pourquoi il faut lui résister à toute force et la dénoncer comme le plus grave danger totalitaire dont nous sommes menacés après la chute des fascismes et du communisme. Pour enfoncer le clou, Luc Ferry compare ce qu’il appelle le fondamentalisme écologique zoophile et anti-humaniste avec le programme de protection des animaux et de la nature élaborée dans les années trente par l’Allemagne nazie ! De surcroît, certains écologistes aggravent leur cas en plaidant ouvertement pour l’identité, les ethnies enracinées et la singularité des traditions populaires (cf. la citation en exergue d’A. Waechter, infra, à laquelle il trouve des ressemblances “ à la virgule près ” avec certains textes allemands de la période hitlérienne).
Luc Ferry n’a pas tort, lorsqu’il voit dans la nouvelle pensée écologique le prolongement de la critique de l’humanisme entreprise par les “ post-modernes ”, disciples de Nietzsche et Heidegger, ou Marx tels, en France, Bataille, Foucault, Deleuze, Derrida, Lacan et Bourdieu qui, malgré leurs divergences, ont pour point commun de remettre en question l’utopie humaniste. Quelques années auparavant, il s’était attaqué à ces auteurs dans La pensée 68, à peu près au même moment où Jürgen Habermas les pourfendait dans son Discours philosophique de la modernité au nom de la même conception, rationnelle et politique, de l’Aufklärung. Critiques post-modernes, philosophies de l’être, pensée écologiste, théories et pratiques du communautarisme sont effectivement de mêche dans la “ déconstruction ” des mythes et des idéologies constituant la trame discursive de la modernité occidentale et le fondement philosophique de sa légitimité politique. L’enjeu est donc de taille, car si ce discours s’effondre —et il est déjà bien battu en brêche— c’est le modèle occidental (celui d’une République universelle des sujets autonomes) qui s’écroule avec lui.
Il est vrai que certaines versions “ intégristes ” de l’écologie profonde prêtent le flanc à la critique en immergeant l’homme dans le tout cosmique au point qu’il s’y noie, et que sa spécificité de constructeur-destructeur de son propre environnement, plus apparente que jamais, n’est pas reconnue, ce qui est tout aussi absurde que de faire de “l’arrachement” de l’homme à son milieu naturel, de “la liberté conçue comme transcendance”, “l’espace proprement humain ” (Luc Ferry).
Comme l’anthropologie philosophique (Gehlen, Portmann, Plessner...) l’a souligné de façon convaincante depuis plusieurs décennies, le propre de l’homme ne réside pas dans le choix manichéen que l’on voudrait nous imposer de part et d’autre entre une fusion dans l’indifférentiation cosmique et l’absolutisation de son autonomie artificielle. L’homme s’arrache souvent de ses communautés d’origine, il rompt avec ses traditions, certes, mais il y fait tout aussi certainement retour, comme l’heureux Ulysse qui, au bout d’un long voyage, revient au pays de ses vertes années. Le dépaysement est source de mal du pays comme le chantait Du Bellay, comme l’apprennent, souvent à leurs dépens tous les exilés, les grands voyageurs, les émigrés. C’est ce jeu du va et vient, de l’installation-désinstallation qui constitue la marge de liberté humaine. Et l’oiseau migrateur aussi, objectera-t-on sans voir qu’ il y a une différence capitale entre la cigogne dont le voyage est une “ niche écologique ” déterminée par l’instinct et l’homme aux instincts forts mais indéterminés (Nietzsche) qui est poussé à partir —et à revenir— sans direction ni délai précis. L’enracinement n’est pas plus une prison dans l’absolu que l’arrachement n’est une liberté dans l’absolu. Ce sont les circonstances, locales et historiques, et la force de caractère permettant de les affronter, qui dicteront les sentiments accompagnant l’un ou l’autre de ces comportements, ou de ces situations. La distinction entre liberté de... (celle de l’esclave qui s’arrache à la domination de son maître) et liberté pour... (celle de l’homme libre qui donne un sens, une responsabilité à sa vie) n’est pas nouvelle. Depuis toujours et sous toutes les latitudes, un esclave stoïque est infiniment plus libre qu’un bourgeois accablé de soucis, perclus d’envies insatisfaites. Dans la société occidentale contemporaine, le mode d’esclavage, maquillé en liberté, est la multiplication des besoins, réels et artificiels, qui contraint les individus à déployer une activité fébrile pour les satisfaire, par le travail et par la consommation. Le mode de liberté le mieux adapté à cette frénésie commerciale illustrée par la gigantesque pollution publicitaire ne peut que consister en un retrait, un exil intérieur couplé à une culture de la frugalité, de l’humilité des plaisirs et de la beauté permettant aux individus dotés d’une capacité personnelle de résistance d’échapper à la machine à broyer les âmes.
L’autosatisfaction proclamée de tous ceux qui, comme Luc Ferry, nous disent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes hérité des Lumières tant que nous souscrivons à ses impératifs moraux est une imposture qui nous livre de facto, pieds et poings liés, à la terreur économique du marché mondial en nous demandant, par-dessus le marché, de “ positiver ” à l’écoute de ses slogans publicitaires débiles et de croire encore aux pouvoirs “républicains” qui nous ont laissé choir jusqu’à ce degré d’abaissement.
À cet esprit de collaboration avec le plus colossal système d’exploitation du monde jamais mis en œuvre, l’écologie sincère —qui ne peut être que radicale dans ses analyses et sereine sur le terrain, tout au contraire des activistes intégrés dans le système, caractérisés, eux, par une agitation folle derrière des pensées molles— oppose un esprit de résistance. Le seul, sans doute, qui soit capable d’enflammer les imaginations et de capter les énergies populaires résiduelles, après la chute des utopies socialistes et l’effondrement des autorités politiques et religieuses traditionnelles.
Mais pour achever sa traversée du désert et cesser d’être perçue comme étant porteuse d’intérêts catégoriels, comme une simple force d’appoint aux partis de gouvernement, il lui reste un long chemin à accomplir. C’est sur le plan philosophique, qui n’existe qu’à l’état d’ébauche anarchique, que ses principaux efforts doivent porter. Pour sortir du rôle de pompier des catastrophes et des projets de politique corrective de l’économie dominante où il se cantonne généralement, l’écologisme doit présenter une alternative globale. Sans aller toutefois jusqu’au projet de société élaboré qui le pousserait vers l’impasse d’une nouvelle utopie révolutionnaire. La première tâche pourrait être de réfléchir, de tenter de repenser l’homme et le monde (le cosmos), sans hiérarchie privilégiant l’un ou l’autre, mais dans un rapport de co-appartenance et d’interaction permanente. Comme le reconnaît Pierre Rabhi dans ce N° de L’Esprit européen, une telle redéfinition de notre rapport au monde (enfin amical après cinq siècles de prométhéisme hostile !) implique un changement radical de comportement et notamment une rupture avec l’individualisme d’hyperconsommation et de gaspillage. Ce regain d’humilité ( le mot vient d’humus, la terre) et de frugalité présuppose à son tour un autre regard sur le cosmos , une autre éducation ayant pour finalité un souci collectif de l’être, hors de l’arbitraire des modes individualistes, des caprices de l’homo æstheticus, aboutissant éventuellement au réenchantement du monde, à une resacralisation de la nature, de son infinie diversité biologique et culturelle.
Si l’écologie tient à jouer pleinement le rôle qui lui est confié par les vents historiques favorables, elle ne pourra faire l’économie d’une réflexion sérieuse sur le sacré, sur son éclipse, sur les conditions de son retour après la “mort de Dieu”. Il n’est pas question d’envisager ici l’apparition d’une religion nouvelle ni d’accorder des privilèges indus à tel ou tel culte existant. Le religieux ne se crée ni ne se ressuscite artificiellement. Il ne se décrète pas mais il peut s’éveiller lorsque s’épuiseront les figures du nihilisme contemporain. La question la plus urgente, du point de vue écologiste, est de savoir comment renouer avec un très ancien sentiment que l’on pourrait appeler le “cosmocivisme” et qui est tout le contraire de l’indifférence cosmopolitique contemporaine. C’est peut-ëtre en nous posant intensément une telle question qu’apparaîtront des éléments de réponse...
Puis il nous faudra restaurer la chaîne des corps intermédiaires reliant l’individu au cosmos en passant par les cercles d’appartenance que sont famille, pays ou communauté ethnique, nation et empire (la fédération européenne en l’occurence). Chaque partie étant englobée, sans être assimilée, par le niveau supérieur avec pour ultime objectif la volonté de substituer aux impérialismes nationaux à prétention universelle —grands fauteurs de guerres mondiales— une entente planétaire fondée sur le respect et la promotion des identités et non sur leur négation, leur fusion, leur absorption par l’hypermarché mondialiste à direction américaine.
Enfin l’écologisme ne peut que s’engager sans réserve en faveur du maximum de démocratie réelle6 soutenable. Subsidiarité, proportionnalité et initiatives populaires en fournissent quelques recettes principales. Sans l’agir local, le penser global sombre dans un intellectualisme de mauvais aloi, comme le fait justement remarquer Bernard Charbonneau. Une pratique démocratique active est la meilleure parade au pouvoir des oligopoles qui gèrent nos destinées malgré nous. Elle est aussi un moyen efficace de contrer la montée des populismes dont la démagogie et le culte de la personnalité œuvrent le plus souvent en faveur de l’économisme totalitaire.
Yves Argoaz
Notes
1) Antoine Waechter, Dessine-moi une planète. L’écologie maintenant ou jamais, Albin Michel, 1990, p. 151.
2) Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique, Grasset & Fasquelle, 1992.
3) Gérard Bramoullé, La peste verte, Les Belles Lettres, 1991. L’auteur se contente de défendre sa sacro-sainte société de consommation contre les écologistes, toutes tendances confondues, avec une forte dose de mauvaise foi, en mettant en relief quelques contradictions dans le discours politique des O.N.G. et des partis Verts.
4) Jürgen Habermas, Le discours philosophique de la modernité, Suhrkamp, 1985, Gallimard 1988.
5) Deux grands promoteurs contemporains de la pensée écologique en Europe ont été l’Allemand Hans Jonas avec Le principe responsabilité, Insel, 1979, Cerf, 1990, et le Français Michel Serres, Le contrat naturel, Flammarion, 1990. Ce dernier a importé des États-Unis, où il a longtemps séjourné en tant qu’universitaire, une bonne partie de ses réflexions écologistes.
6) La distinction entre démocratie réelle, fondée sur la participation active au pouvoir politique et culturel des communautés organiques de base que sont les familles, les communes et les peuples, et démocratie théorique, celle des “grands principes”, des intellectuels, et des écrans de représentativité que sont les partis et les parlements entre le peuple et les décisions prise en son nom, est plus nécessaire que jamais au regard des récentes élections un peu partout en Europe, caractérisées par la croissance inédite du vote protestataire et du taux d’abstention.
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12.05.2012
Du chevalier au cuirassier Destouches : l'art du pamphlet comme un art de la guerre
Ex: http://www.lepetitcelinien.com/
Étude comparée de la violence polémique et critique chez Jules BARBEY D'AUREVILLY et Louis-Ferdinand CÉLINE
Les prétentions aristocratiques de Céline, léguées par les récits d’un modeste employé d’assurance hanté par le mythe de la déchéance, ne relèvent pas seulement d’une reconstruction délirante ou fantasmatique du passé familial, mais tirent leur légitimité d’une généalogie désormais attestée. Comme le chouan du même nom, chargé d’informer les troupes royalistes émigrées sur les côtes anglaises durant les guerres révolutionnaires, la souche paternelle des Destouches est originaire de la Manche. Issu en ligne directe des seigneurs de Lantillère, comme il se plaît à l’indiquer dans une lettre adressée à une amie d’enfance (1), Louis-Ferdinand Céline descend d’un cousin éloigné au dixième degré de Jacques Des Touches de La Fresnaye, érigé en figure historique par le texte éponyme de Jules Barbey d’Aurevilly (2). La lumière faite sur l’ascendance aristocratique de Céline, le métier des armes devenait un devoir. Pour autant, du Chevalier au cuirassier, fallait-il en conclure une même culture guerrière, exprimée, à plus d’un siècle de distance, dans le maniement conjoint du sabre et de la plume ?
Quant à Barbey, sa posture chevaleresque est un appel du sang (3). Vaguement unis par ces lointaines racines, normandes et nobiliaires, mais plus encore par une verve brillante de polémiste forcené, ces deux atrabilaires ont une vénération commune pour l’art de batailler, et perçoivent l’écriture comme un jet d’amertume et de rage libéré. Si Barbey comme Céline ont excellé dans la carrière des Lettres en ferraillant contre la pensée dominante, c’est avant tout par l’adoption d’une langue radicale et cruelle, portant ouvertement l’empreinte d’une virulence martiale à la fois séduisante, ivre et brutale. On a pu évoquer çà et là les parentés éthiques et idéologiques de ces deux écrivains réduits à l’isolement à force de convictions politiquement anachroniques et moralement douteuses. Pourtant, noyée dans le bruit parasite de leur époque, leur voix hargneuse et provocante n’en a pas moins sonné comme un ultime refus de ce que l’opinion posait comme vérité définitive.
De la critique considérée comme un art militaire
« Je devrais être aujourd’hui […] le maréchal d’Aurevilly », écrit Barbey à la veille de sa mort, lui qui rêvait d’une « existence passionnée, fringante, vibrante, même cahotée, pleine d’un bruit essentiellement militaire, un tumulte de charges endiablées et de sonneries éclatantes, avec le faste attirant d’uniformes empourprés et d’aiguillettes d’or sautillantes dans le galop des purs-sang » (4). Cette phrase, d’ailleurs, n’est pas sans faire penser au rythme haletant des trompettes céliniennes. Il y a chez eux un souffle épique qui tient de l’assaut littéraire. A défaut du bâton de maréchal, il aura obtenu l’honneur non moins glorieux d’être nommé « connétable des Lettres françaises ». Céline, en revanche, gradé maréchal des logis à quelques mois de la déclaration, a vécu le baptême douloureux du feu comme un fait structurant de son évolution morale, littéraire et idéologique (5). Pessimistes, Céline et Barbey d’Aurevilly le sont tous les deux face à l’espérance vaine et fallacieuse d’un progrès de l’humanité. Ils s’escriment l’un et l’autre contre la nonchalance facile des donneurs de leçons collectives qui, sur fond d’humanisme éclairé et de bonté philanthropique, prennent la défense du faible contre la brute intolérante et fanatique.
Du catholique hystérique à l’antisémite enragé
Polémique contre Sartre et Zola : la haine de l’intellectuel
Autre point commun de l’anti-intellectualisme aurevillien et célinien, la négation systématique du talent. Zola, par exemple, n’invente rien. C’est un « singe de Balzac dans la crotte du matérialisme ». Il apparaît ainsi comme une hydre sans unité, dont Barbey refuse tout talent littéraire au-delà du pastiche. Sa chair, dit-il encore, « est faite des chairs mêlées de Victor Hugo, Théophile Gautier et Flaubert ». La méthode satirique de Céline use des mêmes procédés. Le prétendu génie de Sartre ne dépasse pas celui d’un lycéen fort en thème ou d’un plagiaire habile. Sartre, en somme, est un « Lamanièrdeux… » !
Au-delà des analogies littéraires et critiques entre les deux auteurs, il existe également une convergence idéologique marquée par le refus des idéaux démocratiques et progressistes. On a déjà pointé les ressemblances du conservateur royaliste et du patriote pacifiste sous la notion d’ « anarchisme de droite » (15). Mais plus encore que son isolement face aux idées du temps, c’est bien l’art impétueux de ses écrits polémiques, drôles et sinistres à la fois, qui fait du cuirassier Destouches l’héritier littéraire de l’auteur inquiétant du Chevalier Destouches.
2 - Le Chevalier Des Touches paraît pour la première fois en 1864.
5 - Pour H. Godard, l’expérience martiale de Céline « restera la référence absolue » en littérature comme en politique, cf. Céline scandale, Paris, Gallimard, 1998, p. 47.
7 - L.-F.Céline, D’un Château l’autre, Paris, Gallimard, « coll. Folio », 1957, p. 30.
8 - « Le Catholique hystérique », dans E. Zola, Mes Haines, Paris, G. Charpentier, 1879, pp. 41-55.
11 - L.-F. Céline, A l’agité du bocal, Paris, Herne, 1995, 85 pages.
12 - Correspondance générale, t. VI, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 203.
13 - L.-F. Céline, Entretien avec le professeur Y, dans Romans, IV, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1993, p. 497 : « les impuissants regorgent d’idées ».
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Patapam!

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Voodoo Zombie - Santa Muerte [HQ]
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11.05.2012
Plus de 200 militants de Casapound réclament la libération d’Alberto « Zippo » Palladino

ROME (NOVOpress)– Les militants de Casapound ont profité de la nouvelle audience du procès de leur jeune camarade de 25 ans, maintenu en résidence surveillée depuis des mois sur la seule accusation d’un adversaire politique, pour manifester leur solidarité et leur détermination à ce que justice soit faite dans ce procès clairement politique.
Les camarades et amis de « Zippo » se sont donc réunis (photo en Une) à plus de 200 devant le palais de justice romain pour crier et chanter leur soutien durant les longues heures des débats.
L’audience de ce mardi 8 mai a permis d’entendre le témoignage de la « victime », Paolo Marchionne, militant du Parti Démocratique (gauche socialiste ) qui assure avoir été agressé par un groupe de « fascistes » cagoulés au sein duquel son adversaire politique pour les prochaines élections municipales, Alberto Palladino, aurait été le seul à agir à visage découvert.
Le plaignant a également fondu en larmes en évoquant son « traumatisme » qui ne lui a pourtant valu que 10 jours d’ITT (Interruption temporaire de travail).
L’émotion fût plus sincère et réelle lorsque les militants de Casapound groupés sur le parvis purent accueillir quelques instants, dans une explosion de larmes et de joie, leur camarade Zippo à la sortie du tribunal, avant que celui-ci ne rejoigne, encadré par la police, la maison où il est assigné à résidence malgré un casier judiciaire vierge.
http://zentropa.info/
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Fiesta Casapound!

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Rammstein - Haifisch
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Tattoo contest

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Mission de Solidarité-Identités dans les enclaves Serbes du Kosovo : suite du projet «Accendiamo la speranza»

Rome le 20 avril – Aujourd’hui, 18 volontaires appartenant à diverses associations, dont Solidarité-Identités, l’association à but non-lucratif de CasaPound Italia, sont partis pour la quatrième mission du projet « Rallumons l’espoir » en faveur des minorités Serbes du Kosovo. Cette mission fait suite aux voyages de décembre 2010 et d’avril et août 2011. Ces deux dernières missions de 2011 avaient pour but de fournir deux génératrices électriques à l’hôpital de Silovo et à l’école élémentaire d’Osojane. Les enclaves Serbes du Kosovo souffrent d’un manque chronique d’énergie électrique fournie par les Albanais. C’est un moyen de pression énorme contre les populations civiles contraintes parfois pendant des semaines à vivre sans électricité. L’école élémentaire d’Osojane et l’hôpital de Silovo sont désormais autosuffisants en cas de coupure d’électricité.
Cette nouvelle mission, qui se conclura le 29 avril, vise à faire de nouvelles rencontres et d’établir de nouveaux objectifs pour les missions futures. Afin de mieux se connaître sera aussi organisé le premier tournoi de basketball italo-serbe à Mitrovica. Les volontaires ne sont bien sûr pas venus les mains vides. Outre des dizaines de kilos de médicaments et de produits de première nécessité ainsi que des dons divers pour les enfants, l’équipe a aussi convoyé une ambulance pour remplacer celle de l’hôpital de Silovo qui avait déjà un million de km au compteur. Chaque jour, Davide Titoli, animateur de l’émission de RBN Mazzardita, sera en direct sur les ondes afin de raconter le voyage.
www.solidarité-identités.org
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10.05.2012
Engarda style!

10:07 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Maitrise ta biere - Groupuskull -
00:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Foresta di fero
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L'afrique réelle numéro 28!

L'Afrique Réelle N° 28 - Avril 2012
00:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.05.2012
SottoFasciaSemplice - Come Mai [ORIGINALE!]
00:33 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Identité! Culture!

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08.05.2012
Camerata!

21:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






























