17.05.2012

« Mémoire vive » de Alain de Benoist

 



Mémoire vive, d’Alain de Benoist, est un livre d’entretiens avec François Bousquet : un festival d’intelligence, une promenade idéologique passionnante. A la fois histoire intellectuelle du dernier demi-siècle et panorama des enjeux du XXIe, Mémoire vive se lit d’une seule traite. Jean-Yves Le Gallou fait le point pour Polémia.

Mémoire vive, d’Alain de Benoist, est un livre d’entretiens avec François Bousquet : un festival d’intelligence, une promenade idéologique passionnante. A la fois histoire intellectuelle du dernier demi-siècle et panorama des enjeux du XXIe, Mémoire vive se lit d’une seule traite. Jean-Yves Le Gallou fait le point pour Polémia. Mémoire vive est un livre singulier : c’est une promenade intellectuelle à travers le dernier demi-siècle, et qui remonte même bien au-delà. Car Alain de Benoist est un « intellectuel engagé » qui s’intéresse aux origines et à la généalogie. Celle de sa famille éclaire son parcours. De père aristocrate et de mère issue d’un milieu populaire, il n’a guère d’ancêtres bourgeois ; encore moins de sympathie avec l’esprit bourgeois, en qui il voit la domination de l’argent : « L’argent (…), cet équivalent universel qui transforme la qualité en quantité. » Le refus de Mammon sera une constante du parcours d’Alain de Benoist. Tout comme son goût pour les périphéries régionales, son attachement aux racines locales, sa méfiance à l’égard des jacobinismes.

Pic de la Mirandole avec un clavier

Son parcours, Alain de Benoist l’a commencé enfant dans les années 1950. Des années frugales. C’est l’époque des « Dinky toys » où un jeune garçon n’avait guère plus d’une dizaine de voitures miniatures, des jouets qui le suivaient de l’enfance à l’adolescence. Aujourd’hui, son fils ou son petit-fils en aura des dizaines qui se succéderont les unes aux autres : à peine achetées, sitôt jetées ! Belle initiation à la société de consommation, une société de consommation qui ne s’est épanouie qu’à partir des années 1960.

Ceux qui sont nés plus tard l’ignorent et ceux qui ont vécu ces années-là l’ont oublié : mais, jusqu’en 1960, « la grande césure », la moitié des Français n’avaient pas l’eau courante au robinet et les plus riches – ceux qui avaient des maisons de campagne ou des châteaux – allaient tirer l’eau au puits durant leurs vacances. Alain de Benoist évoque, avec sensibilité, cette époque avec « des façons de parler, des sentiments et même des types humains aujourd’hui quasiment disparus », balayés par la modernisation et le confort qui sont des « avancées » très récentes.

Pour autant, le jeune Alain de Benoist s’est d’emblée frotté à la technologie : dès huit ans, il tapait ses devoirs à la machine à écrire. Acquérant dans l’art de la frappe une dextérité extraordinaire qui l’aide aujourd’hui à diriger deux (voire trois ?) revues, écrire plusieurs livres à la fois et travailler sur de nombreux articles, tout en répondant courtoisement aux courriels de ses très nombreux correspondants. Alain de Benoist, c’est Pic de la Mirandole avec un clavier.

Doué d’une intelligence précoce, Alain de Benoist a aussi connu un engagement précoce : « une jeunesse agitée » qui, sur les ruines de l’Algérie française, lui fait découvrir le militantisme (la ronéo) et le combat intellectuel dès l’âge de quinze ans. De ce militantisme il dit qu’ « il est une école de discipline, de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi (…) Un creuset d’amitié comme il y en a peu. »

Depuis 1960, la presse française a eu deux grandes écoles de formation.

  • – l’école d’extrême gauche, qui s’est constituée, à partir de 1968, dans les fanzines communistes, maoïstes ou trotskystes et qui, par « reproduction » successive, contrôle aujourd’hui une bonne partie des médias ;
  • – l’école issue de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), qui est née entre 1962 et 1967. Deux jeunes hommes y firent leurs premières armes : Amaury de Chaunac-Lanzac (François d’Orcival) et Alain de Benoist (Fabrice Laroche) qui publièrent ensemble Le Courage est leur patrie et Rhodésie, pays des lions fidèles, préfacé par Ian Smith, héros de l’indépendance blanche de la Rhodésie*.

François d’Orcival évoluera ensuite vers le combat libéral, le soutien à la droite parlementaire et un atlantisme pro-israélien. C’est aujourd’hui une éminente personnalité du monde de la presse, décoré de la Légion d’honneur et membre de l’Institut.

Le parcours d’Alain de Benoist a été plus chaotique : après une grande notoriété dans les années 1970, il a vécu dans une sorte d’exil intérieur, davantage invité à l’étranger qu’en France. Il suivra un parcours de vrai dissident, n’hésitant pas à choquer ses amis ou ses soutiens : alors collaborateur à Valeurs actuelles, il avait écrit, en 1976, qu’il « préférait porter la casquette de l’Armée rouge que manger des hamburgers à Brooklyn », un propos qui pouvait paraître un peu désordre en pleine Guerre froide… Alain de Benoist s’en explique d’ailleurs avec une certaine insistance : il n’a pas « choisi une stratégie pour ses idées, de peur d’avoir les idées de sa stratégie ». Pour lui, le travail d’un intellectuel n’a de sens que s’il exprime réellement sa pensée indépendamment de calculs opportunistes.

Le printemps de la « Nouvelle Droite »

Le morceau de choix du livre est le long chapitre consacré à la « Nouvelle Droite ».

C’est une période très féconde de recherche intellectuelle qui démarre avec la fondation du GRECE et la création de Nouvelle Ecole en (mars !) 1968. C’est dans les années 1970 que furent posés les jalons d’une idéologie centrée sur les origines (« Tout est beau dans les origines ») : biologiques (la question de la race n’est alors pas éludée), culturelles, civilisationnelles. On retiendra notamment les travaux sur les fêtes et les traditions, la prise en considération de l’héritage païen de l’Europe, la redécouverte des sources celtiques et nordiques, l’importance accordée aux thèses de Georges Dumézil sur l’univers trifonctionnel des Indo-Européens et le nécessaire équilibre entre les fonctions de souveraineté, de défense et de production. Nous en sommes loin aujourd’hui avec le primat absolu (et pathologique) pris par la fonction marchande.

Alain de Benoist revisite cette période-clé avec un mélange de distance et de bienveillance. Il estime excessive la part d’explication alors accordée au déterminisme biologique. Il est vrai que l’inné n’est rien sans l’acquis et que « l’homme est par nature un être de culture » (Arnold Gehlen). Pour autant, comment expliquer, aujourd’hui, autrement que par le facteur racial, que, sur les cinq continents et dans toutes les cultures, les enfants d’origine asiatique réussissent (en moyenne) scolairement, économiquement et socialement mieux que les enfants d’origine africaine ? Bien sûr, ce constat statistique est atrocement politiquement incorrect et il est évidemment plus facile d’interdire ou d’occulter son expression que de la contester. Il n’empêche : les faits sont têtus !

Néanmoins, Alain de Benoist reste intellectuellement fidèle à cette période : il a publié en 2006 un brillant essai, Nous et les autres : une problématique de l’identité, et vient de consacrer les deux derniers numéros de Nouvelle Ecole aux Grecs et aux Romains, un intéressant retour aux fondamentaux. Dans les années 1970 les humanités classiques étaient encore au cœur de l’enseignement ; remettre en mémoire les héritages celtes ou germaniques c’était élargir la vue du monde européen. Aujourd’hui que les humanités ont disparu des collèges et des lycées le retour aux Grecs et aux Romains est une urgence !

Heurs et malheurs du Figaro-Magazine

La « Nouvelle Droite », « cette belle aventure de l’esprit », ce sera aussi une formidable histoire de presse, avec la création du Figaro-Dimanche en 1977, puis du Figaro-Magazine en 1978 : un journal au contenu intellectuel brillant et aux lecteurs nombreux, jusqu’à 800.000 exemplaires hebdomadaires. C’est précisément le succès en termes de lectorat du Figaro-Magazine qui le condamna à mort. Le magazine dirigé par Louis Pauwels fit l’objet de deux attaques massives : la campagne de l’été 1979 contre la « Nouvelle Droite », première campagne française de diabolisation ; puis, en octobre 1980, la campagne de sur-diabolisation qui suivit l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic (attentat d’origine proche-orientale attribué à « l’extrême droite »), attentat que Jean Pierre-Bloch, à l’époque président de la LICRA, imputa au « climat intellectuel » créé par le Figaro-Magazine.

Le résultat de cette campagne fut une épuration progressive du Figaro-Magazinesous la pression des milieux bien-pensants, à la Jean d’Ormesson, et des publicitaires, en particulier Maurice Lévy, de Publicis (aujourd’hui patron de l’AFEP, la très puissante Association française des entreprises privées). Louis Pauwels dut mettre de l’eau dans son vin, se séparer de plusieurs journalistes, renvoyer son rédacteur en chef, Jean-Claude Valla, et remiser Alain de Benoist à la rubrique vidéo (ce qui revient à laisser une Ferrari au garage !).

La réussite de cette stratégie fut au rendez-vous : le Figaro-Magazine perdit les trois quarts de ses lecteurs et… augmenta ses recettes publicitaires : preuve, s’il en est besoin, qu’en matière de presse les logiques de pouvoir sont infiniment plus fortes que les logiques économiques. Les règles du marché… ne sont pas celles que l’on croit. « C’est Tartuffe, Trissotin et Torquemada qui font la loi » (Michel Mourlet).

Un chemin de pensée dans l’adversité

A partir de 1980/1981, Alain de Benoist entame une longue traversée du désert. Du désert médiatique français, s’entend, car il publie beaucoup à l’étranger et y intervient souvent à la télévision, notamment italienne. Il ne se plaint pas de son sort, reprenant la devise de la reine d’Angleterre : « Never complain, never explain. » Il forge des concepts nouveaux promis à un bel avenir (la pensée unique) ou dénonce (avec Guillaume Faye) « le système à tuer les peuples ».

Il analyse le caractère « liquide » de la pensée post-moderne. Pour lui, « la vie n’est pas neutre », d’où sa critique du libéralisme quand ce dernier « fait l’apologie d’un Etat qui resterait neutre par rapport aux choix des citoyens quant aux différentes conceptions de la “vie bonne”. Cette neutralité est illusoire. D’ailleurs, vouloir rester neutre, c’est encore s’engager, car la neutralité fait toujours le jeu de quelqu’un ».

Alain de Benoist condamne toujours l’égalitarisme et l’idéologie de la « mêmeté ». Mais sa réflexion le porte de plus en plus sur la critique du capitalisme et de la « forme-capital », instrument de destruction de toutes valeurs traditionnelles s’opposant au culte de l’argent. C’est une analyse qu’on peut qualifier de très schumpetérienne.

En désaccord avec toute forme de « libéralisme national » (Henry de Lesquen), Alain de Benoist juge vain d’opposer ou de distinguer libéralisme politique, économique et sociétal. Pour lui, l’un se nourrit de l’autre : reconnaissons que l’alliance médiatique du trotskysme de salles de rédaction et du capitalisme financier conforte ce point de vue.

Alain de Benoist a aussi été parmi les premiers à mettre en avant le local par rapport au global.

Une madone de vitrail ? Non, un intellectuel debout !

Certes, ce païen qui dédicace son livre à l’abbé de Tanoüarn n’est pas une madone de vitrail. Sa tendance à aimer choquer ceux qui pourraient le soutenir est parfois irritante. Sa dialectique qui consiste à se démarquer de la « xénophobie », de la critique de l’immigration et de « l’extrême droite » en en reprenant les caricatures diabolisantes est à la fois facile et peu élégante. Et certains silences ne sont que des prudences.

Reste qu’Alain de Benoist peut légitimement écrire : « Je suis fier d’être resté un esprit libre. Je suis fier de n’avoir jamais déserté la pensée critique. (…) Je n’ai jamais abandonné le désir de voir “de l’autre côté du miroir”. Je ne suis pas l’homme de la repentance ou de la Téchouvah. C’est aussi une chose dont je suis fier. » Enfant, Alain de Benoist a lu la fable de Jean de La Fontaine sur Le Loup et le Chien. Il a choisi son camp. Nous aussi.

Jean-Yves Le Gallou 
Polémia 
1/05/2012

Note :

*En 1965, la Rhodésie du Sud à gouvernement blanc était l’un des pays les plus calmes et les plus prospères d’Afrique. Le pouvoir fut transféré à la majorité noire et à Robert Mugabe en 1980. Devenue Zimbabwe, la Rhodésie se classe aujourd’hui au dernier rang de l’indice du développement humain de l’ONU.

Sauf indications contraires les citations sont extraites de Mémoire vive.

Alain de Benoist, Mémoire vive/ Entretiens avec François Bousquet, Editions de Fallois, Collection Littérature, 2 mai 2012, 330 pages.

Les garcons bouchers Dans la salle du bar

16.05.2012

Conférence du Cercle Georges Sorel avec Guillaume Faye (Paris)

 Le Cercle Georges Sorel reçoit ce vendredi 18 mai Guillaume FAYEpour son ouvrage paru il y a quelques mois "Sexe & dévoiement" ainsi que pour celui à paraitre "Mon Programme".

Attention : Le nombre de place est limité à 60. Les réservations se font par mail au cerclegs[at]yahoo.fr

Le lieu de conférence à Paris, dans le 15ème arrondissement, sera communiqué la veille.

PGL animera la conférence.

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LES ECRANS DISSIDENTS


Le collectif « Les Ecrans Dissidents » organise des projections-débats de films et documentaires. Objectif, décrypter les œuvres du 7ème art, analyser à l’aide de documentaires des faits d’actualité touchant à la politique, l’écologie, les luttes sociales, l’enracinement …

 

 Contact : culture@mas-org.com

1960's Garage Rock | One Way Streets - We All Love Peanut Butter

15.05.2012

Futurista!

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Vers une philosophie de l'écologie ?

 

 

 Yves Argoaz 

Les civilisations sont à l’image des territoires vivants dans lesquels elles plongent leurs racines: diverses. Cette diversité culturelle est menacée comme la diversité biologique, parce que certaines civilisations, convaincues de leur supériorité, prétendent occuper tout l’espace en déclarant leurs valeurs universelles. (...) L’attachement à une communauté identifiée par son parler, ses traditions, ses savoir-faire, son histoire, l’amour d’un territoire qui exprime, par ses paysages, l’âme de cette communauté, est une dimension fondamentale de la personne humaine. Le déracinement est un drame, une source de déstabilisation psychologique et de difficultés existentielles. Le premier droit fondamental de la personne est de posséder une identité et celle-ci se confond avec celle du groupe humain auquel on appartient.

Antoine Waechter, Dessine-moi une planète (Albin Michel, 1990)

 

  

La prise de conscience de l’importance primordiale des questions environnementales par un public toujours plus important dans les pays occidentaux est annonciatrice de révisions déchirantes dans notre façon de voir le monde, dans nos attitudes et comportements, dans nos choix existentiels, et, par voie de conséquence, dans notre système d’économie politique.

 

En France, Antoine Waechter fut l’un des premiers à réaliser que le véritable enjeux  dépassait infiniment l’actualité des combats contre les multiples pollutions de la société industrielle, les tentatives d’ajouter à l’impératif de croissance du niveau de vie celui d’une amélioration de la qualité de vie. Cet écologisme réactif de première génération est certes important. C’est lui qui mobilise aujourd’hui, outre les partis Verts, de nombreuses coordinations ponctuelles contre les marées noires, les usines à risque, la prolifération des transports industriels, les empoisonnements alimentaires ou médicaux et les bombardements de l’OTAN, entre autres. Mais au-delà de cet activisme instrumentalisé par les partis politiques, les lobbies et l’industrie de l’environnement, la nouvelle conscience écologique est porteuse d’un bouleversement philosophique majeur dont les effets se feront sentir progressivement tout au long du nouveau siècle et au bout duquel —on peut s’aventurer à le prédire— la phase d’ exploitation frénétique du monde par l’Occident, inaugurée à l’aube de la Renaissance, se sera définitivement achevée.

Dès le départ, le choix de mots n’est pas neutre, reconnaît Antoine Waechter. Ce n’est pas un hasard si l’on insiste sur le terme d’ “ environnement ”. Cela signifie que le monde n’est considéré que comme l’entourage de l’espèce humaine, une sorte d’arrière-plan qu’elle peut modeler à sa guise pour servir ses propres desseins. “ Cette vision anthropocentriste est conforme à l’esprit de notre civilisation conquérante dont la seule référence est l’homme et dont toute l’action tend à une maîtrise totale de la terre... ” alors que le mot “  nature ” “ est expurgé de tous les discours comme s’il était indécent, tout au moins puéril, d’évoquer ce qu’il désigne. ” 1 La Natura latine signifiait tout simplement la “ naissance ”, comme l’indique sa parenté avec notre verbe “ naître ”. Ce sens concorde avec celui de la physis grecque, issue du verbe phuein (engendrer, produire, faire croître). Cette nature-surgissement ou jaillissement s’oppose à la nature-création des théologiens médiévaux. La première est ouverte, évolutive, en perpétuel renouvellement et transformation, alors que la seconde est fixée, rigide, strictement codifiée, tant du point de vue biologiste qui postule une  “ nature humaine ” que du point de vue judéo-chrétien qui postule une morale universelle intangible, la Loi divine, dont l’impératif catégorique kantien et nos droits de l’homme ne sont que des avatars. Les critiques de la conception écologique du monde confondent souvent, par ignorance, ou parfois à dessein, le naturalisme créationniste ou théocentrique, aujourd’hui discrédité alors que la modernité laïque en est l’héritière directe, et ce qu’on peut appeler le “ naturisme ” inhérent à toutes les  cultures traditionnelles et conceptualisé par les penseurs pré-socratiques grecs. Le nouveau ministre français de l’Éducation nationale, le philosophe Luc Ferry, qui,  il y a dix ans, a publié une violente critique de la pensée écologique2 n’échappe pas à cette confusion .

Cette critique mérite qu’on s’y attarde à plus d’un titre : d’abord parce qu’elle va beaucoup plus loin que les diatribes superficielles, comme celle de l’économiste Gérard Bramoullé3. Ensuite parce qu’elle prend la tournure de la défense et illustration d’un ordre intellectuel établi (celui de l’ “ humanisme ”, de la “ démocratie ”, des “ droits de l’homme ”...) contre ce qui est perçu comme une subversion fantastique et très dangereuse. Enfin parce que l’argumentation de Luc Ferry, fondée sur un grand préjugé et de nombreux petits malentendus, n’étant pas convaincante, elle conforte d’autant plus la justesse de la nouvelle vision écologique du monde à qui tous les espoirs sont désormais permis.

Le grand préjugé de Luc Ferry, c’est celui des modernes   selon lequel un progrès décisif et irréversible aurait été accompli par la rupture du judaïsme antique avec la conception païenne, cosmocentrique du monde. Rupture confirmée et accentuée  par la révolution chrétienne et laïcisée par la philosophie des Lumières (principalement par Kant et ses héritiers des écoles de Marbourg et de Francfort) . Cette soi-disant progression, d’après Luc Ferry, et Jürgen Habermas avec qui il concorde en tout point4, réside dans “ l’arrachement ” de l’homme aux antiques liens de la communauté traditionnelle supposés entraver sa liberté en le confinant au statut d’objet parmi les autres objets du monde. Selon ce schéma linéaire de l’évolution morale et politique, nous sommes entrés dans l’ère du sujet autonome et de la Loi morale, conquêtes précieuses de la Révolution française inscrites dans nos Constitutions républicaines. Or, les nouvelles visions cosmiques du monde issues de l’ “ écologie profonde ” née en Amérique du nord, et se répandant comme une trainée de poudre en Europe5, remettent en question cet acquis fondateur de la modernité occidentale et menacent de faire retour à une conception holiste, aliénante de l’homme et de la société que nous croyions définitivement abolie dans nos contrées progressistes.  C’est pourquoi il faut lui résister à toute force et la dénoncer comme le plus grave danger totalitaire dont nous sommes menacés après la chute des fascismes et du communisme. Pour enfoncer le clou, Luc Ferry compare ce qu’il appelle le fondamentalisme écologique zoophile et anti-humaniste avec le programme de protection des animaux et de la nature élaborée dans les années trente par l’Allemagne nazie ! De surcroît, certains écologistes aggravent leur cas en plaidant ouvertement pour l’identité, les ethnies enracinées et la singularité des traditions populaires (cf. la citation en exergue d’A. Waechter,  infra, à laquelle il trouve des ressemblances “ à la virgule près ” avec certains textes allemands de la période hitlérienne).

 Luc Ferry n’a pas tort, lorsqu’il voit dans la nouvelle pensée écologique le prolongement de la critique de l’humanisme entreprise par les “ post-modernes ”, disciples de Nietzsche et Heidegger, ou Marx tels, en France, Bataille, Foucault, Deleuze, Derrida, Lacan et Bourdieu qui, malgré leurs divergences, ont pour point commun de remettre en question l’utopie humaniste. Quelques années auparavant, il s’était attaqué à ces auteurs  dans La pensée 68, à peu près au même moment où Jürgen Habermas les pourfendait dans son Discours philosophique de la modernité au nom de la même conception, rationnelle et politique, de l’Aufklärung. Critiques post-modernes, philosophies de l’être,  pensée écologiste, théories et pratiques du communautarisme sont effectivement de mêche dans la                              “ déconstruction ” des mythes et des idéologies constituant la trame discursive de la modernité occidentale et le fondement philosophique de sa légitimité politique. L’enjeu est donc de taille, car si ce discours s’effondre —et il est déjà bien battu en brêche— c’est le modèle occidental (celui d’une République universelle des sujets autonomes) qui s’écroule avec lui.

Il est vrai que certaines versions “ intégristes ” de l’écologie profonde prêtent le flanc à la critique en immergeant l’homme dans le tout cosmique au point qu’il s’y noie, et que sa spécificité de constructeur-destructeur de son propre environnement, plus apparente que jamais, n’est pas reconnue, ce qui est tout aussi absurde que de faire de “l’arrachement” de l’homme à son milieu naturel, de “la liberté conçue comme transcendance”, “l’espace proprement humain ” (Luc Ferry).

Comme l’anthropologie philosophique (Gehlen, Portmann, Plessner...) l’a souligné de façon convaincante depuis plusieurs décennies, le propre de l’homme ne réside pas dans le choix manichéen que l’on voudrait nous imposer de part et d’autre entre une fusion dans l’indifférentiation cosmique et l’absolutisation de son autonomie artificielle. L’homme s’arrache souvent de ses communautés d’origine, il rompt avec ses traditions, certes, mais il y fait tout aussi certainement retour, comme l’heureux Ulysse qui, au bout d’un long voyage,  revient au pays de ses vertes années. Le dépaysement est source de mal du pays comme le chantait Du Bellay, comme l’apprennent, souvent  à leurs dépens tous les exilés, les grands voyageurs, les émigrés. C’est ce jeu du va et vient, de l’installation-désinstallation qui constitue la marge de liberté humaine. Et l’oiseau migrateur aussi, objectera-t-on sans voir qu’ il y a une différence capitale entre la cigogne dont le voyage est une “ niche écologique ” déterminée par l’instinct et l’homme aux instincts forts mais indéterminés (Nietzsche) qui est poussé à partir —et à revenir— sans direction ni délai précis. L’enracinement n’est pas plus une prison dans l’absolu que l’arrachement n’est une liberté dans l’absolu. Ce sont les circonstances, locales et historiques, et la force de caractère permettant de les affronter, qui dicteront les sentiments accompagnant l’un ou l’autre de ces comportements, ou de ces situations. La distinction entre liberté de... (celle de l’esclave qui s’arrache à la domination de son maître) et liberté pour... (celle de l’homme libre qui  donne un sens, une responsabilité à sa vie) n’est pas nouvelle. Depuis toujours et sous toutes les latitudes, un esclave stoïque est infiniment plus libre qu’un bourgeois accablé de soucis,  perclus d’envies insatisfaites. Dans la société occidentale contemporaine, le mode d’esclavage, maquillé en liberté, est la multiplication des besoins, réels et artificiels, qui contraint les individus à déployer une activité fébrile pour les satisfaire,  par le travail et par la consommation. Le mode de liberté le mieux adapté à cette frénésie commerciale illustrée par la gigantesque pollution publicitaire ne peut que consister en un retrait, un exil intérieur couplé à une culture de la frugalité, de l’humilité des plaisirs et de la beauté permettant aux individus dotés d’une capacité personnelle de résistance d’échapper à la machine à broyer les âmes.

L’autosatisfaction proclamée de tous ceux qui, comme Luc Ferry, nous disent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes hérité des Lumières tant que nous souscrivons à ses impératifs moraux est une imposture qui nous livre de facto, pieds et poings liés, à la terreur économique du marché mondial en nous demandant, par-dessus le marché, de   “ positiver ”  à l’écoute de ses slogans publicitaires débiles et de croire encore aux pouvoirs “républicains” qui nous ont laissé choir jusqu’à ce degré d’abaissement.

 À cet esprit de collaboration avec le plus colossal système d’exploitation du monde jamais mis en œuvre, l’écologie sincère —qui ne peut être que radicale dans ses analyses et sereine sur le terrain, tout au contraire des activistes intégrés dans le système, caractérisés, eux, par une agitation folle derrière des pensées molles— oppose un esprit de résistance. Le seul,  sans doute, qui soit capable d’enflammer les imaginations et de capter les énergies populaires résiduelles, après la chute des utopies socialistes et l’effondrement des autorités politiques et religieuses traditionnelles.

Mais pour achever sa traversée du désert et cesser d’être perçue comme étant porteuse d’intérêts catégoriels, comme une simple force d’appoint aux partis de gouvernement, il lui reste un long chemin à accomplir. C’est sur le plan philosophique, qui n’existe qu’à l’état d’ébauche anarchique, que ses principaux efforts doivent porter. Pour sortir du  rôle de pompier des catastrophes et des projets de politique corrective de l’économie dominante où il se cantonne généralement,  l’écologisme doit présenter une alternative globale. Sans aller toutefois jusqu’au projet de société élaboré qui le pousserait vers l’impasse d’une nouvelle utopie révolutionnaire. La première tâche pourrait être de réfléchir, de tenter de repenser l’homme et le monde (le cosmos), sans hiérarchie privilégiant l’un ou l’autre, mais dans un rapport de co-appartenance et d’interaction permanente. Comme le reconnaît Pierre Rabhi dans ce N° de L’Esprit européen, une telle redéfinition de notre rapport au monde  (enfin amical après cinq siècles de prométhéisme hostile !) implique un changement radical de comportement et notamment une rupture avec l’individualisme d’hyperconsommation et de gaspillage. Ce regain d’humilité ( le mot vient d’humus, la terre) et de frugalité présuppose à son tour un autre regard sur le cosmos , une autre éducation ayant pour finalité un souci collectif de l’être, hors de l’arbitraire des modes individualistes, des caprices de l’homo æstheticus, aboutissant éventuellement au réenchantement du monde, à une resacralisation de la nature, de son infinie diversité biologique et culturelle.

 Si l’écologie tient à jouer pleinement le rôle qui lui est confié par les vents historiques favorables, elle ne pourra faire l’économie d’une réflexion sérieuse sur le sacré, sur son éclipse, sur les conditions de son retour après la “mort de Dieu”. Il n’est pas question d’envisager ici l’apparition d’une religion nouvelle ni d’accorder des privilèges indus à tel ou tel culte existant. Le religieux ne se crée ni ne se ressuscite artificiellement. Il ne se décrète pas mais il peut s’éveiller lorsque s’épuiseront les figures du nihilisme contemporain. La question la plus urgente, du point de vue écologiste, est de savoir comment renouer avec un très ancien sentiment que l’on pourrait appeler le “cosmocivisme” et qui est tout le contraire de l’indifférence cosmopolitique contemporaine. C’est peut-ëtre en nous posant intensément une telle question qu’apparaîtront des éléments de réponse...  

Puis il nous faudra restaurer la chaîne des corps intermédiaires reliant l’individu au cosmos en passant par les cercles d’appartenance que sont famille, pays ou communauté ethnique,  nation et empire (la fédération européenne en l’occurence). Chaque partie étant englobée, sans être assimilée, par le niveau supérieur avec pour ultime objectif la volonté de substituer aux impérialismes nationaux à prétention universelle —grands fauteurs de guerres mondiales— une entente planétaire fondée sur le respect et la promotion des identités et non sur leur négation, leur fusion, leur absorption  par l’hypermarché mondialiste à direction américaine.

Enfin l’écologisme ne peut que s’engager sans réserve en faveur du maximum de démocratie réelle6 soutenable. Subsidiarité, proportionnalité et initiatives populaires en fournissent quelques recettes principales.  Sans l’agir local, le penser global sombre dans un intellectualisme de mauvais aloi, comme le fait justement remarquer Bernard Charbonneau. Une pratique démocratique active est la meilleure parade au pouvoir des oligopoles qui gèrent nos destinées malgré nous. Elle est aussi un moyen efficace de contrer la montée des populismes dont la démagogie et le culte de la personnalité œuvrent le plus souvent en faveur de l’économisme totalitaire.

                                                                                                                           Yves Argoaz

  

Notes

1) Antoine Waechter, Dessine-moi une planète. L’écologie maintenant ou jamais, Albin Michel, 1990, p. 151.

2) Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique, Grasset & Fasquelle, 1992.

3) Gérard Bramoullé, La peste verte, Les Belles Lettres, 1991. L’auteur se contente de défendre sa sacro-sainte société de consommation contre les écologistes, toutes tendances confondues, avec une forte dose de mauvaise foi, en  mettant en relief quelques contradictions dans le discours politique des O.N.G. et des partis Verts.

4) Jürgen Habermas, Le discours philosophique de la modernité, Suhrkamp, 1985, Gallimard 1988.

5) Deux grands promoteurs contemporains de la pensée écologique en Europe ont été l’Allemand Hans Jonas avec  Le principe responsabilité, Insel, 1979, Cerf, 1990, et le Français Michel Serres, Le contrat naturel, Flammarion, 1990. Ce dernier a importé des États-Unis, où il a longtemps séjourné en tant qu’universitaire, une bonne partie de ses réflexions écologistes.

6) La distinction entre démocratie réelle, fondée sur la participation active au pouvoir politique et culturel des communautés organiques de base que sont les familles, les communes et les peuples, et démocratie théorique, celle des “grands principes”, des intellectuels, et des       écrans de représentativité que sont les partis et les parlements entre le peuple et les décisions prise en son nom, est plus nécessaire que jamais au regard des récentes élections un peu partout en Europe, caractérisées par la croissance inédite du vote protestataire et du taux       d’abstention.

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13.05.2012

Une maîtresse imprévisible

 

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Une maîtresse imprévisible

par Georges FELTIN-TRACOL

En 1988, Dominique Venner, futur responsable de la Nouvelle Revue d’Histoire, publiait chez PlonTreize meurtres exemplaires, un ouvrage consacré à l’assassinat de treize personnalités politiques du XXe siècle. Vingt-quatre ans plus tard, il réédite le livre dans une version revue, corrigée et augmentée chez un nouvel éditeur plein d’avenir, Pierre-Guillaume de Roux, fils du célébrissime écrivain et éditeur anticonformiste Dominique de Roux.

Dominique Venner a remplacé les chapitres sur une bavure du Mossad en 1973 contre Ahmed Bouchiki et l’assassinat toujours  inexpliqué de Jean de Broglie en 1976 par l’attentat contre Hitler en juillet 1944 fomenté par le colonel von Stauffenberg et par la disparition – qui laisse perplexe – de son ami François de Grossouvre « suicidé » en avril 1994 dans son bureau de l’Élysée. Il a aussi tenu à y adjoindre un prologue et un épilogue explicatifs et en a modifié l’intitulé, « Treize meurtres exemplaires » devenant le sous-titre de L’imprévu dans l’Histoire.

En fin historien et ayant lui-même jadis envisagé d’abattre Charles de Gaulle pendant la Guerre d’Algérie comme il l’écrivit dans le merveilleux Cœur rebelle (1994), Dominique Venner s’intéresse aux attentats contre des personnes connues. En effet, à part le cas de Grossouvre, les douze choix du livre appartiennent à un mode opératoire qu’on désigne habituellement comme du terrorisme même si, ici, les actes ne concernent que des victimes individuelles et non des masses comme pour le 11 septembre 2001. À l’exception de John Fitzgerald Kennedy, son étude se concentre sur des événements européens quand bien même Léon Trotsky est exécuté à Mexico et que l’amiral Darlan meurt à Alger, à l’époque ville française.

On note une répartition équilibrée des sujets traités : trois pour la Russie (Pierre Stolypine, Raspoutine, Trotsky), quatre pour le monde slave si on y ajoute la mort d’Alexandre de Yougoslavie à Marseille en 1934 par des militants croates soutenus par les redoutables partisans de l’O.R.I.M. (Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne); trois pour la France (Gaston Calmette, Darlan et Grossouvre), voire quatre avec l’exécution à Paris en 1941 de l’aspirant Moser par des communistes; trois pour l’Allemagne et le monde germanique (François-Ferdinand à Sarajevo, Walter Rathenau en 1922, Stauffenberg), quatre avec Moser. Il y a enfin les États-Unis avec J.F.K. en 1963 et, pour l’Italie, Aldo Moro en 1979.

Ce n’est pas par hasard si Dominique Venner a pris ces exemples. Il les inscrit dorénavant dans l’imprédictibilité de l’histoire. L’histoire n’est pas une science dure, mathématique, logique et causaliste. Clio est une maîtresse imprévisible, irascible et impétueuse pour les civilisations, les peuples et les êtres. Hormis les questions démographiques, les prévisions des historiens ne se réalisent que très rarement, d’où leur réputation de « prophètes du passé » ! L’histoire est le domaine de l’hétérotélie, terme forgé par Jules Monnerot pour désigner des résultats contraires à ce que l’on désirait. Oui, l’histoire est toujours inattendue parce qu’elle est l’amante du Kairos, de ce momentdécisif, qu’il faut saisir immédiatement. Pour s’approprier cet instant crucial, il importe de posséder des qualités fondamentales. « Un certain héritage historique et culturel, la fortune (l’inattendu) et lavirtù sont les déterminants majeurs que l’on peut voir à l’œuvre derrière tous les grands événements de l’Histoire, plaide Dominique Venner (p. 268). »

Certains cas qu’il examine le prouvent aisément. Dominique Venner ne cache pas son admiration pour Stolypine, le Premier ministre de Nicolas II de Russie de 1906 à 1911. Ce traditionaliste réformateur s’opposa aussi bien aux révolutionnaires rouges qu’aux réactionnaires noirs. Très au fait des équilibres continentaux, sa présence à l’été 1914 lors de la crise entre la Serbie et l’Autriche-Hongrie aurait peut-être permis de temporiser l’antagonisme entre Belgrade et Vienne et de contenir le bellicisme germanophobe de certains milieux russes. Stolypine aurait pu s’appuyer sur le Français Joseph Caillaux, certainement président du Conseil si celui-ci n’avait pas été contraint de démissionner à la suite de l’assassinat du directeur du Figaro, Gaston Calmette, le 16 mars 1914, par Henriette Caillaux, son épouse lasse des attaques incessantes et vénéneuses contre son ministre de mari. L’historien féru d’uchronies peut même se demander si la survie de Raspoutine n’aurait pas incité Nicolas II à imposer aux belligérants une paix des braves comme le suggèrent Jacqueline Dauxois et Vladimir Volkoff dans leur étonnant roman Alexandra (1994).

Les assassinats de Stolypine, de Calmette et de François-Ferdinand démontrent qu’il y a bien un « effet-papillon » en histoire, terrain propice à la théorie du chaos. La disparition d’une personnalité-clé peut avoir des répercussions considérables dans le monde… L’inattendu est le synonyme de la tragédie et celle-ci n’œuvre pas que dans le terrorisme. Ainsi, Ernst Jünger a-t-il souvent médité sur la catastrophe estimée impossible du Titanic en 1912. Pour lui, ce naufrage annonçait la tendancetitanesque du nouveau siècle.

On ne détaillera pas, même succinctement, les treize meurtres politiques décrits par Dominique Venner. On se permettra en revanche d’émettre quelques critiques. Il est dommage, concernant Darlan, que l’auteur ne mentionne pas l’extraordinaire De Gaulle et Giraud : l’affrontement, 1942 – 1944 (2005) de Michèle Cointet qui démêle avec brio la grande complexité politique de l’Afrique française du Nord en novembre – décembre 1942. On notera que l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro restent obscurs. Dominique Venner peut n’avoir pas pris connaissance des thèses situationnistes et/ou d’ultra-gauche qui avancent avec une argumentation probante, la manipulation des groupes armés d’extrême droite et d’extrême gauche par l’O.T.A.N. et certains cénacles occultes liés à l’État profond U.S. Par ailleurs, ce même État profond est largement impliqué dans l’élimination de John Fitzgerald Kennedy. Lee Harvey Oswald et le complot soviéto-cubain ne sont que des leurres, des couvertures, qui masquent l’immense et néfaste influence bankstériste à Washington.

Nonobstant ces quelques désaccords, L’imprévu dans l’Histoire doit être lu et médité non seulement pour le XXe siècle, mais aussi et surtout pour le XXIe. Les attentats contre Rathenau, Alexandre de Yougoslavie et Trotsky sont le fait d’hommes (et de femmes !) déterminés, prêts à sacrifier leur vie pour leur cause; ils sont les grains de sable qui entravent la « grande roue de l’histoire ». Ils sont les vecteurs de l’aléa. Or « penser l’inattendu serait un sujet de réflexion philosophique aussi utile que celui de penser la guerre (p. 268) ». Cet ouvrage nous ouvre enseigne donc une philosophie de l’histoire immédiate, celle des chocs entre la foi, les mémoires et les identités.

Georges Feltin-Tracol

 Dominique Venner, L’imprévu dans l’Histoire. Treize meurtres exemplaires, Pierre-Guillaume de Roux (41, rue de Richelieu, F – 75 001 Paris, www.pgderoux.fr), 2012, 272 p., 22 €.

Wonderwall!!!

12.05.2012

Du chevalier au cuirassier Destouches : l'art du pamphlet comme un art de la guerre

Ex: http://www.lepetitcelinien.com/

Étude comparée de la violence polémique et critique chez Jules BARBEY D'AUREVILLY et Louis-Ferdinand CÉLINE




Les prétentions aristocratiques de Céline, léguées par les récits d’un modeste employé d’assurance hanté par le mythe de la déchéance, ne relèvent pas seulement d’une reconstruction délirante ou fantasmatique du passé familial, mais tirent leur légitimité d’une généalogie désormais attestée. Comme le chouan du même nom, chargé d’informer les troupes royalistes émigrées sur les côtes anglaises durant les guerres révolutionnaires, la souche paternelle des Destouches est originaire de la Manche. Issu en ligne directe des seigneurs de Lantillère, comme il se plaît à l’indiquer dans une lettre adressée à une amie d’enfance (1), Louis-Ferdinand Céline descend d’un cousin éloigné au dixième degré de Jacques Des Touches de La Fresnaye, érigé en figure historique par le texte éponyme de Jules Barbey d’Aurevilly (2). La lumière faite sur l’ascendance aristocratique de Céline, le métier des armes devenait un devoir. Pour autant, du Chevalier au cuirassier, fallait-il en conclure une même culture guerrière, exprimée, à plus d’un siècle de distance, dans le maniement conjoint du sabre et de la plume ?

Quant à Barbey, sa posture chevaleresque est un appel du sang (3). Vaguement unis par ces lointaines racines, normandes et nobiliaires, mais plus encore par une verve brillante de polémiste forcené, ces deux atrabilaires ont une vénération commune pour l’art de batailler, et perçoivent l’écriture comme un jet d’amertume et de rage libéré. Si Barbey comme Céline ont excellé dans la carrière des Lettres en ferraillant contre la pensée dominante, c’est avant tout par l’adoption d’une langue radicale et cruelle, portant ouvertement l’empreinte d’une virulence martiale à la fois séduisante, ivre et brutale. On a pu évoquer çà et là les parentés éthiques et idéologiques de ces deux écrivains réduits à l’isolement à force de convictions politiquement anachroniques et moralement douteuses. Pourtant, noyée dans le bruit parasite de leur époque, leur voix hargneuse et provocante n’en a pas moins sonné comme un ultime refus de ce que l’opinion posait comme vérité définitive.

De la critique considérée comme un art militaire 

On trouve chez ces deux solitaires une même expérience décisive de la guerre. Pour le premier, refusé au collège militaire, le déshonneur moral de n’avoir pu s’y livrer conformément à son statut de gentilhomme, pour le second, le traumatisme incurable des séquelles corporelles et psychiques laissées par la Grande Guerre. La frustration sublimée de Barbey devait nécessairement aboutir à une langue belliqueuse, agressive et violente, transposant dans l’univers symbolique de l’écriture des procédés de nature soldatesque : escarmouche passionnée contre le culte du progrès, assaut féroce contre les fats, parade contre les bien-pensants. Si la critique aurevillienne a sans conteste une valeur de compensation, l’énergie frénétique de Céline puise quant à elle ses sources dans la violence hallucinante non seulement fantasmée, mais vécue des boucheries quotidiennes de 14. Recevant sa pension héroïque d’invalide, le sous-off’ réformé n’a pas tout dit durant ses quelques mois au front. Céline remplace Destouches. Le pamphlétaire, avec l’allure hautaine et suranné d’un duelliste piqué au vif ou d’un soldat subitement réveillé par les coups de canon, tient la littérature pour un champ de bataille. Il y règle ses comptes, fièrement, à coups de plume bien affûtée. Pour ces bretteurs, toute injure personnelle est uncasus belli et l’écriture est un art de la guerre. Il y a chez eux un sens aigu de l’honneur offensé.
« Je devrais être aujourd’hui […] le maréchal d’Aurevilly », écrit Barbey à la veille de sa mort, lui qui rêvait d’une « existence passionnée, fringante, vibrante, même cahotée, pleine d’un bruit essentiellement militaire, un tumulte de charges endiablées et de sonneries éclatantes, avec le faste attirant d’uniformes empourprés et d’aiguillettes d’or sautillantes dans le galop des purs-sang » (4). Cette phrase, d’ailleurs, n’est pas sans faire penser au rythme haletant des trompettes céliniennes. Il y a chez eux un souffle épique qui tient de l’assaut littéraire. A défaut du bâton de maréchal, il aura obtenu l’honneur non moins glorieux d’être nommé « connétable des Lettres françaises ». Céline, en revanche, gradé maréchal des logis à quelques mois de la déclaration, a vécu le baptême douloureux du feu comme un fait structurant de son évolution morale, littéraire et idéologique (5). Pessimistes, Céline et Barbey d’Aurevilly le sont tous les deux face à l’espérance vaine et fallacieuse d’un progrès de l’humanité. Ils s’escriment l’un et l’autre contre la nonchalance facile des donneurs de leçons collectives qui, sur fond d’humanisme éclairé et de bonté philanthropique, prennent la défense du faible contre la brute intolérante et fanatique.

Du catholique hystérique à l’antisémite enragé 

La rhétorique fulminante de Barbey comme la voix furibonde de Céline, souvent assimilables à un tissu de vitupérations haineuses, traduit une obsession quasi-pathologique focalisée sur le mythe nauséeux d’un coupable exclusif. Le juif assume chez Céline le rôle que Barbey attribue indifféremment au protestant, au juif ou au franc-maçon. Relevant les symptômes de la décadence et du malaise social, les deux auteurs entretiennent constamment la fiction du complot étranger. Au-delà des différences culturelles et chronologiques entre d’une part l’antijudaïsme chrétien (6), qui culmina lors de l’Affaire Dreyfus, et d’autre part l’antisémitisme racial du premier XXe siècle, leurs thèses ont en commun une pseudo-justification d’ordre racial ou religieuse. Dans les deux cas, il s’agit d’une croisade dont l’enjeu correspond au pays menacé. S’il leur arrive d’essuyer un échec ou un désagrément quelconque, ils revendiquent aussitôt la pureté de l’écrivain solitaire, guerroyant pour l’esprit national, contre la corruption et la conspiration. « Faut dire…, écrit Céline, je serais d’une Cellule, d’une Synagogue, d’une Loge, d’un Parti, […] tout s’arrangerait ! sûr !» (7). Le rôle du pamphlétaire incarné par Céline ou Barbey d’Aurevilly, reclus loin des factions, est d’annoncer les cataclysmes sur un ton de prophète et de dénoncer les « coupables ». Mais, à défaut d’arguments, la haine impétueuse du pamphlet tourne en rond. Elle manifeste une tendance singulière à la névrose. Névrose antisémite, antidémocratique et « conspirationniste » qui se mue en délire frénétique. Il y a chez ces deux écrivains une outrance idéologique qui tient de la dérive malsaine et maladive. Le lexique médical, et plus précisément le lexique psychiatrique, sont en effet les premiers qui répondent à l’appel quand on souhaite qualifier cette violence passionnée du polémiste, éreintant hargneusement sa cible, hanté par un ennemi qui relève davantage du mythe que de la menace effective. Il fallait donc nécessairement que, parmi leurs principaux contradicteurs, Barbey et Céline se heurtent aux défenseurs de l’universalisme et de l’humanisme bafoués. Zola accuse le premier d’hystérie fanatique (8). Sartre prend Céline pour exemple historique de l’antisémite assimilé aux « grands paranoïaques » (9). C’est ici que la figure haïe de l’intellectuel entre dans l’arène.

Polémique contre Sartre et Zola : la haine de l’intellectuel

Barbey s’éteint en 1889, cinq ans avant la naissance de Céline. La fin du siècle aura vu émerger dans la sphère politique la figure engagée de l’intellectuel. Dans la lignée triomphante des Lumières, Zola ouvre le bal et Sartre prend le flambeau. A l’opposé, comme un revers de ce militantisme littéraire, vibre la voix grinçante du pamphlétaire réactionnaire, inaugurant la tradition « anti-intellectualiste ». Car Barbey contre Zola, ou Céline contre Sartre, c’est toujours Rivarol polémiquant contre l’abstraction théorique de Rousseau. La violence est la même. Excessive et cruelle. Les traits de leur virulence langagière, à commencer par l’injure scatologique –métaphore récurrente de leur critique anti-intellectualiste- coupe court à toute tentative de débat rationnel conforme aux schèmes spéculatifs qui structurent les discours de l’intellectuel. Le but est d’humilier. Apôtre du progrès dénonçant l’injustice et l’intolérance de ses contemporains, Zola n’est pour Barbey qu’un « fanfaron d’ordures ». Son oeuvre est tout entière construite « comme le système intestinal », produisant des effluves « de fumier et de fientes ». « M. Zola, dit-il encore, travaille dans l’excrément humain » (10). Enfin, le portrait de l’auteur culmine dans une comparaison grandiose à la Barbey : Zola, « un Michel-Ange de la crotte… ». Céline, lui, n’a pas la pudeur de Barbey. Sa prose déverse un dégoût sans mesure. Sartre est ainsi qualifié tour à tour de « petite fiente », « petit bousier », « petite crotte » et, plus franchement, de « satanée petite saloperie gravée de merde » (11). Barbey n’a pas non plus peur des gros mots lorsqu’il accuse Les Misérables, texte à tonalité pathétique et démocratique ouvrant l’ère du roman engagé, de « colossale saloperie » (12). Dépourvu d’argument et de ménagement rhétorique, leur stratégie critique repose sur l’effet vexatoire de la raillerie et de l’insulte. Rien de plus humiliant, en l’occurrence, que le motif fécal qui revient constamment. Il s’agit de blesser pour vaincre, et non pas de convaincre. Dès lors, l’intellectuel et le pamphlétaire se rejettent et s’excluent comme la passion s’oppose à la raison et le style à l’idée. Revendiquant une oeuvre intégralement fondée sur l’énergie nouvelle d’un style, Barbey et Céline condamnent tous deux la vanité des hommes à idées. Les philosophes sont, après le traître corrompu qu’ils nommeront juif ou franc-maçon, leur plus farouche ennemi. Et l’on retrouve, dans leur critique, le reproche d’un soldat à l’endroit du lâche ou du traître. Contrairement à la verve fougueuse de l’écrivain-guerrier, l’intellectuel est un « impuissant » (13). Il n’a aucune utilité sociale. Chez Céline, l’identification de l’intellectuel -et notamment de « l’agent Tartre » (14) - à la figure hideuse et répugnante du parasite, emprunte par conséquent une multitude de formes (« bousier », « cestode », « demi-sangsue »…).
Autre point commun de l’anti-intellectualisme aurevillien et célinien, la négation systématique du talent. Zola, par exemple, n’invente rien. C’est un « singe de Balzac dans la crotte du matérialisme ». Il apparaît ainsi comme une hydre sans unité, dont Barbey refuse tout talent littéraire au-delà du pastiche. Sa chair, dit-il encore, « est faite des chairs mêlées de Victor Hugo, Théophile Gautier et Flaubert ». La méthode satirique de Céline use des mêmes procédés. Le prétendu génie de Sartre ne dépasse pas celui d’un lycéen fort en thème ou d’un plagiaire habile. Sartre, en somme, est un « Lamanièrdeux… » !
Au-delà des analogies littéraires et critiques entre les deux auteurs, il existe également une convergence idéologique marquée par le refus des idéaux démocratiques et progressistes. On a déjà pointé les ressemblances du conservateur royaliste et du patriote pacifiste sous la notion d’ « anarchisme de droite » (15). Mais plus encore que son isolement face aux idées du temps, c’est bien l’art impétueux de ses écrits polémiques, drôles et sinistres à la fois, qui fait du cuirassier Destouches l’héritier littéraire de l’auteur inquiétant du Chevalier Destouches.
 
Jean-François ROSEAU
Spécial Céline n°3 (novembre/décembre 2011, janvier 2012)
Repris sur le site www.barbey-daurevilly.com le 12 décembre 2011.
 
 
 
Notes
1 - Lettre à Simone Saintu du 30 octobre 1916 : « Il y a là aux environs de Coutances un vieux château de Famille qui abritera vraisemblablement mes pénates », dans Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917, textes réunis et présentés par Jean-Pierre Dauphin, Paris, Gallimard, 1978, p. 144. Au XVIIe siècle, une branche Destouches s’était fixée à Lentillière. C’est d’elle que descend l’auteur qui signe dans ses premières lettres Louis des Touches ou encore L. d. T.
2 - Le Chevalier Des Touches paraît pour la première fois en 1864.
3 - Lettre à Trebutien, février 1855 : « En sa qualité de cadet, mon père était ce qu’on appelle en langage gentilhomme : le chevalier », dans Correspondance générale, t. IV., Paris, Les Belles Lettres, « Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1984, p. 180.
4 - Cité par Octave Uzanne, dans Barbey d’Aurevilly, Paris, A la Cité des Livres, 1927, 88 pages. Texte mis en ligne par la médiathèque André Malraux de Lisieux.
5 - Pour H. Godard, l’expérience martiale de Céline « restera la référence absolue » en littérature comme en politique, cf. Céline scandale, Paris, Gallimard, 1998, p. 47.
6 - Ce vieux ferment d’antijudaïsme traditionnel s’exprime au premier chef dans l’accusation séculaire de déicide. Cf. la critique de Barbey d’Aurevilly, dans « Les Déicides, par M. Joseph Cohen », Le Pays, 5 janvier 1852 : « ce sang accusateur dans lequel les pieds de chaque Juif marchent, à travers le monde, depuis tout à l’heure dix-neuf cent ans ».
7 - L.-F.Céline, D’un Château l’autre, Paris, Gallimard, « coll. Folio », 1957, p. 30.
8 - « Le Catholique hystérique », dans E. Zola, Mes Haines, Paris, G. Charpentier, 1879, pp. 41-55.
9 - J.-P. Sartre, Réflexions sur la question juive, Paris, Gallimard, « coll. Folio », 1954, p. 51.
10 - J. Barbey d’Aurevilly, « Emile Zola », dans Le Roman contemporain, Paris, A. Lemerre, 1902, pp. 197-239.
11 - L.-F. Céline, A l’agité du bocal, Paris, Herne, 1995, 85 pages.
12 - Correspondance générale, t. VI, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 203.
13 - L.-F. Céline, Entretien avec le professeur Y, dans Romans, IV, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1993, p. 497 : « les impuissants regorgent d’idées ».
14 - D’un Château l’autre, ibid., p. 31 : « l’agent Tartre ! crypto mon cul ! […] sous-sous-dévalures de Zola !... »,
15 - Céline et Barbey servent d’exemples emblématiques à l’ouvrage de François Richard, cf. « La haine des intellectuels, dans Les Anarchistes de droite, Paris, Presses Universitaires de France, 1997

Patapam!

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Voodoo Zombie - Santa Muerte [HQ]

11.05.2012

Plus de 200 militants de Casapound réclament la libération d’Alberto « Zippo » Palladino

 

ROME (NOVOpress)– Les militants de Casapound ont profité de la nouvelle audience du procès de leur jeune camarade de 25 ans, maintenu en résidence surveillée depuis des mois sur la seule accusation d’un adversaire politique, pour manifester leur solidarité et leur détermination à ce que justice soit faite dans ce procès clairement politique.

Les camarades et amis de « Zippo » se sont donc réunis (photo en Une) à plus de 200 devant le palais de justice romain pour crier et chanter leur soutien durant les longues heures des débats.

L’audience de ce mardi 8 mai a permis d’entendre le témoignage de la « victime », Paolo Marchionne, militant du Parti Démocratique (gauche socialiste ) qui assure avoir été agressé par un groupe de « fascistes » cagoulés au sein duquel son adversaire politique pour les prochaines élections municipales, Alberto Palladino, aurait été le seul à agir à visage découvert.

Le plaignant a également fondu en larmes en évoquant son « traumatisme » qui ne lui a pourtant valu que 10 jours d’ITT (Interruption temporaire de travail).

L’émotion fût plus sincère et réelle lorsque les militants de Casapound groupés sur le parvis purent accueillir quelques instants, dans une explosion de larmes et de joie, leur camarade Zippo à la sortie du tribunal, avant que celui-ci ne rejoigne, encadré par la police, la maison où il est assigné à résidence malgré un casier judiciaire vierge.

http://zentropa.info/

Fiesta Casapound!

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Rammstein - Haifisch

Tattoo contest

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Mission de Solidarité-Identités dans les enclaves Serbes du Kosovo : suite du projet «Accendiamo la speranza»

 

 



Rome le 20 avril – Aujourd’hui, 18 volontaires appartenant à diverses associations, dont Solidarité-Identités, l’association à but non-lucratif de CasaPound Italia, sont partis pour la quatrième mission du projet « Rallumons l’espoir » en faveur des minorités Serbes du Kosovo. Cette mission fait suite aux voyages de décembre 2010 et d’avril et août 2011. Ces deux dernières missions de 2011 avaient pour but de fournir deux génératrices électriques à l’hôpital de Silovo et à l’école élémentaire d’Osojane. Les enclaves Serbes du Kosovo souffrent d’un manque chronique d’énergie électrique fournie par les Albanais. C’est un moyen de pression énorme contre les populations civiles contraintes parfois pendant des semaines à vivre sans électricité. L’école élémentaire d’Osojane et l’hôpital de Silovo sont désormais autosuffisants en cas de coupure d’électricité.


Cette nouvelle mission, qui se conclura le 29 avril, vise à faire de nouvelles rencontres et d’établir de nouveaux objectifs pour les missions futures. Afin de mieux se connaître sera aussi organisé le premier tournoi de basketball italo-serbe à Mitrovica. Les volontaires ne sont bien sûr pas venus les mains vides. Outre des dizaines de kilos de médicaments et de produits de première nécessité ainsi que des dons divers pour les enfants, l’équipe a aussi convoyé une ambulance pour remplacer celle de l’hôpital de Silovo qui avait déjà un million de km au compteur. Chaque jour, Davide Titoli, animateur de l’émission de RBN Mazzardita, sera en direct sur les ondes afin de raconter le voyage.

www.solidarité-identités.org

10.05.2012

Engarda style!

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Maitrise ta biere - Groupuskull -

Foresta di fero

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L'afrique réelle numéro 28!

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L'Afrique Réelle N° 28 - Avril 2012

 
Sommaire
 
Ex: http://bernardlugan.blogspot.com/

Actualité :
 
- La guerre du Mali : un conflit dont la résolution passe par le retour au réel ethnique
- Libye : la guerre Toubou-Arabes peut-elle embraser le Tchad ?
- Le Somaliland en quête d’une reconnaissance par l’Union Européenne
 
Dossier : Les berbères
 
- Le long combat identitaire des Berbères
- Entretien avec Bernard Lugan
- L'Egypte et les Berbères
- Les royaumes berbères durant l'antiquité
- L'arabisation ethnique de la Berberie
- L’opposition entre Berbères et Arabes dans le mouvement nationaliste algérien
- Le Maroc, l'Algérie et la Berbérité
 
Editorial de Bernard Lugan
 
La guerre du Mali a fait exploser sous nos yeux ces deux grands mythes destructeurs de l’Afrique que je ne cesse de dénoncer depuis des décennies : celui de l’Etat-nation pluri ethnique et celui de la démocratie fondée sur le principe du « un homme, une voix ». En effet :
 
1) Le mélange ethnique au sein d’un même Etat artificiel est par lui-même crisogène ; d’autant plus que le phénomène est aggravé par la démocratie, cette ethno-mathématique qui donne le pouvoir aux plus nombreux, réduisant les peuples minoritaires à l’esclavage ou les contraignant à la rébellion armée.
2) Après les guerres Nord contre Sud au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Soudan, le Mali montre à son tour que les Etats post-coloniaux sont des coquilles vides. En ce sens, la malencontreuse intervention franco-otanienne en Libye aura au moins eu un effet positif : le colonel Kadhafi n’étant plus là pour les contenir, les Touaregs qui ont repris leur liberté ont en effet fait sauter le principal tabou qui interdit à l’Afrique de redevenir elle-même, donc d’exister.
 
Or, au moment où les Touaregs démontrent que les lois historiques inscrites dans la longue durée sont plus fortes que nos fantasmes universalistes et démocratiques, au moment où le réel triomphe des idéologies, nos dirigeants, incapables de prendre la mesure de la situation, s’accrochent tels des automates à ces frontières cicatrices, ces lignes prisons tracées au mépris de toutes les réalités physiques et humaines.
Relisons Ferhat Mehenni et son livre manifeste dans lequel il parle d’«_Etats sans nations ». Méditons une réflexion de l’auteur pour qui les dirigeants européens, au lieu de s’interroger sur l’avenir d’Etats artificiels, mettent au contraire en cause les Peuples qui les combattent au nom de légitimes revendications identitaires.
 
Plus que jamais, la solution, au Mali comme ailleurs en Afrique, est la partition. On objectera que ce serait alors la porte ouverte à la balkanisation. Probablement. Mais de la Balkanisation peuvent sortir de nouveaux équilibres ; pas du néant actuel. N’oublions pas que pour mettre fin à la Guerre de Trente ans les Traités de Westphalie dotèrent l’Europe d’une poussière d’Etats dont des dizaines de micro-Etats. D’ailleurs, pourquoi toujours penser en termes de vastes ensembles ; y aurait-il un étalon maître à ce sujet ?
L’avenir de l’Afrique est à des Etats plus « petits » et aux frontières épousant plus fidèlement les réalités des peuples.
Faisons un retour en arrière et oublions les invectives et les anathèmes pour ne parler que de la pertinence du système : les Sud-africains avaient tenté, maladroitement certes, cette expérience avec la politique des Etats nationaux ethniques, dite politique des Bantustan, solution visionnaire qui fut rejetée avec indignation par la bien-pensance internationale engluée dans ses dogmes.
Aujourd’hui, après l’indépendance de l’Erythrée, du Sud Soudan, demain du Somaliland et de l’Azawad, après plus d’un demi siècle de guerres qui ont bloqué tout développement en Afrique, le débat ne mérite t-il pas d’être à nouveau ouvert dans un climat enfin dépassionné ?

09.05.2012

SottoFasciaSemplice - Come Mai [ORIGINALE!]

Identité! Culture!

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08.05.2012

Camerata!

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