02.07.2009
histoire du corbeau et de sa symbolique dans l'histoire :
Le Corbeau ( Corvus corone)
Arcane majeur de la tradition alchimique.
Nul traité d'alchimie ne peut sérieusement se prétendre tel sans évoquer cette figure particulière, et jamais Adepte n'a pu se libérer de ce symbole si ambigu. Mais n'est-ce point là la spécificité des symboles ? Quoi qu'il en soit, tous, de Flamel à Fulcanelli, en passant par Le Trévisan, De Villeneuve, Saint-Germain, Dee, Erasme, Helvétius, Poisson et plus près de nous Canseliet, attirent l'attention de l'étudiant sur ce volatile.
Une telle unanimité devait donc présenter une impérieuse nécessité.
Le profane, c'est-à-dire l'homme vulgaire, oppose souvent corbeau et colombe. Choc des couleurs, contraste des robes ? L'une noire, l'autre blanche. Et comme toute chose n'existe que par son contraire...
En fait, opposer corbeau et colombe est un non-sens véritable, une hérésie. Et l'Héraldique saura nous le prouver, puisqu'elle fait du sable et de l'argent la somme de toutes les autres teintures ou vertus. En fait, l'opposé du corbeau, savoir son complément logique, c'est le cygne. Pas évident, n'est-ce pas ? mais n'oubliez pas qu'en cabale hermétique, le cygne, c'est aussi le signe, autrement dit le signal. Vous avez là un piège classique dont l'hermétique est si friande. Notons en passant que cet antagonisme ( corbeau-colombe) purement intellectuel remonte à l'épisode biblique Noé. Aussi, nous vous convions à nous suivre dans la quête ( ici partielle) de cette symbolique si particulière, et pourtant si vulgaire. Il suffit juste de regarder, la symbolique gothique ( statuaire, enluminure) se montrant particulièrement prodigue de cet emblème.
Il n'en a pas toujours été ainsi, bien au contraire ! De nos jours, le corbeau jouit d'une réputation funeste, voire macabre. Et son apparition est interprétée comme présage néfaste. Particularité due sans doute à sa robe noire : couleur de deuil, de caveau, de ténèbres dans le meilleur des cas. Alors, par ignorance, on l'associe à la nécrophilie, nécrophagie ou nécromancie. En résumé : à la pourriture, au fumier, au sépulcre. Et donc à la mort. L'alchimie opérative conforte cette assertion, il n'est qu'à relire les notes des Adeptes. De surcroît, l'observation de ce volatile grégaire s'opère aisément l'hiver, lorsque la végétation a disparu et que la bise balaie les terres désolées. Toujours cette idée de mort... Et, pour tout arranger, le cri particulier des corbeaux possède, pour des personnes sensibles, des vertus effrayantes.
Cet aspect de désolation, de mort, de souffrance, a des conséquences surprenantes. Ainsi, le corbeau devient au XIXème siècle le porte-parole des écrivains romantiques. Puis, plus tard, celui des "stressés ", de ceux que la vie quotidienne rebute, bref de ceux qui reculent et pleurent sur eux-mêmes, refusant l'existence d'un monde qui les dépasse et qu'ils rejettent donc et refusent. En abrégé, l'emblème des faibles et des paumés, de ceux qui détournent le regard devant la brutalité, en fait la réalité, du monde sensible. Soit par crainte, soit par lâcheté. Inutile alors de s'étonner, dans cette optique restrictive, que l'auteur de lettres anonyme se voit attribuer le surnom péjoratif de corbeau. Soyons clair : les romantiques sont pour beaucoup dans cette réputation sinistre, à leur corps défendant, certainement. Mais les faits sont, et demeurent : le corbeau s'assimile à un charognard. Les romantiques ne le décrivirent-ils pas planant au-dessus des champs de bataille ; puis se posant, mitraille enfin tue, pour se repaître de la chair des cadavres. S'il est vrai que l'appétit du volatile le pousse parfois, par nécessité vitale ( mais c'est valable pour toute les espèces, y compris l'homme ) à jouer ce rôle de fossoyeur, reconnaissons-lui ce mérite : il nettoie et épure ce qui a besoin de l'être.
Et par cet acte à la fois répugnant et nécessaire, il est l'intermédiaire indispensable avant toute pureté. En alchimie opérative, ce concept est fondamental, à la base même de toute pratique sérieuse. Nous retrouverons ainsi le corbeau au début de chacun des trois oeuvres ; lesquels, nul ne doit l'ignorer, constitue le véritable Grand Oeuvre. Qui ne le comprend pas sape les seules bases solides sur lesquelles il pouvait s'appuyer.
Malheureux corbeau ! La tradition populaire, à travers les contes enfantins, et même nos dessins animés modernes, nous le présente toujours accompagnant la vilaine sorcière volant sur un balai. Inutile de préciser que l'Église est passée par là. Bizarrement, l'iconoclaste pourrait, sans doute à bon droit, juger qu'on retrouve sous ces deux emblêmes : sorcière et corbeau, les qualités dominantes de la dictature spirituelle de cette même Eglise. Mais, et c'est là juste retour des valeurs, cette vision négative conduit tout droit à la véritable symbolique de ce volatile sacré, en particulier chez les Gaulois. Et plus encore chez les Celtes.
Il vous le faut savoir : dans la tradition gauloise, le corbeau est l'oiseau le plus sacré du panthéon zoomorphique. Quoique moins évidentes, ses attributions sont supérieures à celles de l'aigle. Et si la symbolique de l'aigle est universelle, celle du corbeau ne l'est pas moins. Mais elle est plus spécifique, donc hermétique ; et par là-même plus attachante, et ô combien plus saisissante.
Aussi donc, traditionnellement, tant en Orient qu'en Occident, le corbeau bénéficie d'une réputation originelle positive, c'est l'oiseau du Bien. Nous savons tous que le corbeau est de type grégaire, s'accommodant parfaitement de la vie communautaire. Être éminemment social, point de surprise donc si la tradition japonaise en fait le symbole de la gratitude filiale : il est alors réputé nourrir père et mère devenus trop âgés. Pour le Japon traditionnel, il est évident qu'il ne peut que représenter l'amour filial. Et, par extension, il symbolise idéalement la Famille. Cette préséance bénéfique et estimable lui confère alors certaines vertus divinatoires.
Plus à l'Ouest, quoique dans la même région du monde, mais côté chinois, les Han le considèrèrent comme porte-drapeau du rétablissement , voire du maintien, de l'ordre social : simple héritage naturel et logique de leurs prédécesseurs. C'est ainsi, la dynastie Tcheou ( ou Tchou ), qui régna sur la Chine durant le millénaire précédant notre ère, en fit un véritable dieu. Il était l'oiseau de bon augure, annonciateur des victoires militaires, mais surtout et avant tout de fructueuses récoltes. Ces aspects positifs lui valurent donc le privilège de devenir l'emblème des dirigeants Tcheou et le symbole de leur vertu. Mais, à la différence de nos corbeaux gaulois couleur suie, l'emblème des Tcheou se pare d'une magnifique robe écarlate, qu'on retrouve dans le gueule héraldique. Nous n'ignorons pas que le rouge, le gueule, est couleur de la vie, puisque celle du sang circulant dans nos veines. Et celui de la puissance : le fer ( et non le cuivre comme le pensent si naïvement les apprentis alchimistes). Conséquence immédiate : le corbeau se voit attribuer le qualificatif de solaire, puisque le soleil est l'astre de vie dans toutes les traditions sans exception . Qualification qui ne tarde point à déborder les toujours jeunes murailles de Chine et acquérir alors une dimension universelle.
Symbole solaire pour les Tcheou, le corbeau conserve et renforce, nous l'avons vu, cette préséance avec la dynastie des Han, leurs successeurs sur le très conservateur Empire du Milieu. Cette dynastie régna un demi-millénaire, de - 250 à 273 après J.C. Nettement plus tolérants que leurs cruels prédécesseurs, les Han autorisèrent le développement de l'iconographie, alors taboue pour les Tcheou, qui, comme les Celtes, estimaient que le sacré n'a pas à être profané par divulgation orale, picturale ou scripturale. C'est alors que certains bas-reliefs décorant les temples chinois présenteront cette image insolite : le corbeau, volatile sacré, est pourvu physiquement d'une monstruosité étonnante. Le volatile écarlate possède en effet trois pattes. Principe animateur du soleil, il correspond alors, tel un trépied, au symbolisme parfait des fils du ciel : Lever, Zénith, Crépuscule. Il devient donc la représentation du Yang, savoir la course du soleil dans son trajet diurne. L'empereur s'assimilant lui-même au soleil, il va sans dire...
Cet aspect bénéfique et solaire se retrouvera aussi, dans un premier temps, dans la tradition judéo-chrétienne. N'oublions pas : c'est un corbeau que Noé lâche dès la fin des pluies du déluge. Son retour à l'arche révéle ainsi au patriarche que les eaux recouvraient toujours la Terre. Son deuxième départ cette fois non suivi de retour autorisa alors le lâcher de la blanche colombe. Mais hélas pour lui, cet épisode est aussi à l'origine de la réputation maléfique du corbeau.
Nos bons " docteurs es théologie " lancent le bâton un peu loin. Interpréter est une chose, vaticiner une autre. Ne prétendirent-ils pas que le non-retour du corbeau, après le deuxième lâcher, résulte du repas morbide savouré par le noir volatil, après ( paraît-il ) quarante jours de jeûne forcé, conséquence de la chute des pleurs divins. Étonnant, non ? Car si on sait lire, et pas besoin d'être diplômé en théologie ni de Harvard pour ça, il est écrit dans le Livre Saint que l'arche de Noé s'échoua sur le Mont Ararat le septième mois, le dix-septième jour du mois. Et, un peu plus loin, le dixième mois, le 1er jour du mois, le sommet des montagnes réapparut. Nonobstant, Noé attend encore quarante jours avant le premier lâcher du corbeau qui revient à l'arche, nous le savons. Une semaine plus tard, deuxième envol ; le corbeau ne revenant pas, la colombe est alors lâchée à son tour, et rapporte le célèbre rameau d'olivier ( en fait du laurier ). Alors, si nous calculons bien, 10 mois ( fussent-ils lunaires) + 40 + 7 + 7 = 354 jours, soit quasiment une année.
Alors, des cadavres, il ne devait plus y en avoir beaucoup, et le pauvre corbeau ne dut certainement pas trouver grand-chose à se mettre sous le bec. Sa réputation nécrophage est donc surfaite, et totalement injustifiée, du moins dans ce cas précis. D'autre part, au-delà des incohérences de durée, on peut s'étonner que Noé, connaissant à la perfection les modes de vie de chacun de ses pensionnaires ( il valait mieux, non ? ), ait lâché le corbeau si celui-ci était le vaillant nécrophage qu'on lui prête comme tunique. C'est un non-sens évident. Par contre, si l'on veut bien se souvenir que le corbeau est grand amateur de vers , c'est-à-dire de lombrics, ( il suffit pour çà de regarder le long de nos routes), son non-retour révélait à Noé que celui-ci avait enfin trouvé pitance. Et donc que la terre était désormais dégagée des eaux qui la recouvraient, sauf à admettre que le corbeau était alors capable de plonger, tel le cormoran, pour aller chercher sa nourriture favorite.
La catéchèse chrétienne, avec sa pédagogie martelante, doit donc endosser toute la responsabilité du négatisme endossé par le noir volatile. Remarquons-le, cette attitude n'est guère surprenante : la constante préoccupation de l'Église chrétienne fut d'abord d'amalgamer, puis de dénigrer et enfin de souiller les principales figures religieuses ou sacrées des peuples qu'elle désirait asservir. Les pseudo sacrifices humains celtiques procèdent évidemment de la même intoxication intellectuelle. Le celtisme et ses supports devaient être détruits coûte que coûte. Et si l'argot donne aux prêtres le surnom de corbeau, point n'est besoin d'aller chercher très loin les origines de cette popularité péjorative.
Deux hommes cependant oublièrent cette fureur iconoclaste : Gerbert d'Aurillac, plus connu sous le nom de Sylvestre II, le fameux pape de l'an 1000 ; et Bernard de Fontaines, le célèbre Saint Bernard bourguignon.
Si, comme le prétend, et nous n'avons aucune raison d'en douter, feu Henri Vincenot, Saint Bernard fut aussi le dernier des druides véritables, alors nous comprenons mieux la valeur positive attribuée au corbeau, à travers la statuaire gothique. Et, poursuivant son oeuvre, les Templiers, principaux bailleurs de fonds des grandes constructions médiévales, se gardèrent bien de décourager cette survivance d'une tradition ancestrale dans laquelle ils avaient été plus ou moins nourris.
Les Templiers.
Ouvrons ici une longue parenthèse qui renforcera nos conclusions sur la valeur positive du corbeau. Nul n'ignore que cet Ordre célèbre fut fondé par un des oncles de Bernard de Fontaines, André de Montbard, et que le roux bourguignon ( traits typiquement celtiques perdurant toujours dans certaines contrées bourguignonnes, en particulier le canton de Saint-Jean de Losne ) composa la règle régissant cet ordre initiatique, puisque initiation il y avait. La preuve ?
Elle est fournie par les comptes-rendus des interrogatoires inquisitoriaux du précepteur d'Aquitaine Geoffroy de Gonneville, en novembre I307, peu de temps après la rafle royale du vendredi 13 octobre. Retenons cette date, elle est à l'origine de la réputation du vendredi 13 : bonne côté argent et royal, funeste côté victime et templier. Bref, ledit Geoffroy de Gonneville, haut dignitaire de l'Ordre, a avoué que la cérémonie d'investiture templière exigeait un reniement de la transcendance christique, le postulant était tenu de cracher par trois fois sur la représentation du Christ crucifié ? On retrouve ce trois, image du triple reniement de l'apôtre Pierre, autrefois appelé Simon.
L'accusation d'hérésie ne serait donc pas, pour les dogmatiques et intransigeants juges inquisitoriaux, dénuée de tout fondement. En Terre Sainte, la fréquentation de civilisations avancées autorisa une déviation logique et méritoire de l'ascèse originelle templière. À l'origine moines-soldats, les Templiers devinrent de moins en moins soldats, surtout après la perte de Jérusalem, et de Saint Jean d'Acre ( plus d'ailleurs pour raisons politiques que militaires), en mai 1291. Le christianisme étant fondé sur l'existence, réelle ou supposée de J.C, le fameux reniement révélé par De Gonneville ( d'ailleurs confirmé par tous les Templiers interrogés ) n'est-il pas avant tout une renonciation à la défense d'intérêts autres que militaires et religieux. N'oublions pas que l'Ordre du Temple est avant tout formé de nobles, de l'élite des nations, tant militaire qu'intellectuelle. Et le triple reniement de Pierre, de même que la trahison de Judas, étaient nécessaires pour que s'accomplisse le destion, l'oeuvre sacrée. Jésus n'est devenu Christ que par l'accomplissement de ces deux déviances.
Logique donc ce reniement templier : il n'y avait guère que les nobles pour se payer des professeurs. Mais l'Ordre n'enrôle pas sous la bannière beaucent que des guerriers et des coupeurs de tête. Ceux-là, il les envoye au combat. Il reçoit également certains érudits, à la grande colère d'ailleurs de notre Saint Bernard. Ceux-ci, sous l'habit templier, vont effectuer des recherches très fructueuses, que ce soit en Palestine ou en Turquie. Et la fréquentation des érudits musulmans va s'avérer payante. D'où la politique obsessionnelle des Templiers de recherche de trêves, d'ententes parfois scabreuses. Mais qu'ils payèrent toujours au prix fort. Puisqu'il n'y eut, exception Ridefort, jamais aucun prisonnier templier. Les Arabes leur tranchaient la tête.
Décollation lourde de sens, jamais relevée par un historien officiel. Et si on sait qu'en alchimie, afin de voir le cygne ( ou signe, qu'on appellera alors colombe pour mieux égarer les "p'tits curieux") blanc apparaître, il faut d'abord couper la tête du corbeau... Caput mortem !
Ainsi donc, les érudits templiers, c'est-à-dire les grands dignitaires ( ceux qui tiraient les ficelles, les militaires n'étant là que pour cacher la partie immergée de l'iceberg ) connaissaient parfaitement l'histoire, mais aussi l'origine des religions qu'ils avaient plus ou moins combattues. En fait, côté templier, on ne combat pas l'Islam, mais l'Infidèle, à l'inverse des armées sarrasines. Qui, elles combattent pour la jehad, la guerre sainte. Et confondent Allah et Moloch... Reconnaissons qu'en face, c'est aussi souvent le cas !
La philosophie zoroastrienne fait partie de ces conquêtes culturelles : plus humaine, et donc plus charitable, que ne l'était celle du Christ, du moins dans son exercice quotidien. Reconnaissons-le, sans tomber dans un anti-christianisme primaire : objectivement , Zoroastre montre une autre stature que J.C. Mais c'est vrai aussi que les différents conciles, puis la toute-puissance des ordres monastiques, ont passablement falsifié les évangiles originaux et la Bible. Et il nous est donc difficile de savoir très exactement quel était le véritable enseignement du dénommé Jésus... que tous les historiens d'alors ont oublié, y compris ceux de l'ennemi.
Zoroastre étant le missionnaire de Mithra, rappelons ici que Mithra est le dieu du contrat unissant l'homme à la divinité suprême. Et que ce même Mithra deviendra le dieu du soleil, dans le panthéon hellénistique. Plus connu sous le nom d'Apollon, cette divinité est celle de la lumière, c'est bien connu, mais aussi de la Vérité, puisque jamais mensonge, paraît-il, ne sortit de sa bouche. Et quels sont les animaux qui lui sont consacrés ? Le Dauphin, mais aussi le corbeau !
Mais revenons à Zoroastre. Avant le frugal Platon et bien avant l'ignoble Kant, il tente de réaliser l'union du souverain Bien avec Dieu :" Idéal dont il témoigne sur terre par des actions qui attestent et la réalité spirituelle de ce royaume de lumière, et la nécessité de sa victoire eschatologique. Dieu a besoin des hommes pour corriger les erreurs apportées dans sa création originelle, par l'Ennemi qui, depuis lors, s'efforce de conserver son empire sur le monde au mépris de la Lumière et des âmes prisonnières qui en entendent l'appel indéfectible. C'est donc grâce à l'esprit de discernement que l'homme doit opérer son choix dans la voie de ses pensées et de ses actions ".
Voilà ainsi définie l'essence spirituelle de la chevalerie célestielle, telle que vue par Zoroastre. Et Bernard de Fontaines, ogre de savoir et véritable puits de science, ne pouvait l'ignorer. Il dut en tenir compte lorsqu'il édicta la règle templière lors du concile de Troyes de 1129. Notons en passant que 17 siècles tout de même séparent ces deux approches du véritable rôle de la chevalerie.
Cette volonté de discernement, ce libre-arbitre sans cesse remis en question, exigent de la part des adeptes de cette philosophie un altruisme héroïque. Car toute la création divine est concernée. Non seulement les Dieux ( ou Dieu sous ces différentes appellations ou aspects), mais aussi les hommes, et les animaux que ces derniers dominent. Et on sait que les Templiers se montrèrent sans pitié pour ceux qui martyrisaient les animaux, les exemples ne manquent pas.
Les animaux... et parmi eux, ceux qui paraissent les plus nobles, savoir les oiseaux porteurs de spiritualité. Les oiseaux, et parmi ces derniers, le corbeau devenu l'attribut de Mithra, c'est-à-dire du dieu du contrat entre la divinité et l'homme. Autrement dit emblème de ce même contrat, puisqu'en hermétisme support et principe se confondent toujours sous la même représentation. Comment s'étonner dès lors qu'en Tradition, le corbeau devienne le récipiendaire du panthéon divin, détenteur des secrets divins ? Mais intercesseur aussi du vouloir humain près la divinité, il est plus spécialement chargé de conjurer le mauvais sort, ailleurs appelé colère divine... Souvenons-nous des corbeaux de Modron !
Les recherches modernes nous apprennent aujourd'hui que la philosophie templière était très proche de celle de Zoroastre. Si proche même qu'elle permit à Philippe le Bel et au rusé Nogaret de faire rôtir de Molay et de Charnay, au soir d'un certain 19 mars 1314.
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