30.10.2009
Le combat slave

ARCHIVES de SYNERGIES EUROPEENNES - 1996
Le combat slave:
Entretien avec Alexandre Konstantinovitch Belov
Notre interlocuteur Alexandre K. Belov est un homme d'une force mentale rare. Il a visiblement intégré le sens du combat intégral et l'élévation spirituelle qui lui donnent une maîtrise de son art impressionnante. A. K. Belov rentre d'une tournée en Europe, où sa candidature a été retenue pour organiser des cours d'art martial slave dans les écoles de la police italienne. A cette occasion, il a été accueilli par nos amis milanais de Sinergie/Italia. J'ai eu personnellement l'insigne honneur de le rencontrer à son domicile à Moscou le 11 avril 1996 (G. Sincyr).
Q.: Dois-je vous appeler Belov ou Sélidor, qui est votre surnom?
AKB: Comme vous voulez. Sélidor est un surnom païen. C'est un nom “guerrier”. Mais je vous rappelle que les Russes sont les derniers en Europe à avoir gardé la tradition purement indo-européenne de s'appeler d'un nom patronymique.
Q.: Quand avez-vous commencé à vous occuper du “combat slave”?
AKB: J'ai inventé ce type d'art martial. J'ai commencé à le mettre au point à partir de 1972. A la fin des années 70, je pratiquais le karaté et j'avais obtenu le grade supérieur, la “ceinture noire”. Mais plus tard, le karaté a été interdit; j'ai alors entamé des recherches dans nos propres traditions et j'ai découvert une forme de combat russe très intéressante et très puissante. C'est en 1986 que j'ai achevé mon travail de rénovation de la pratique de cet art martial traditionnel oublié que j'ai appelé “combat slave”.
Q.: Quelles différences y a-t-il entre le “combat slave” et les autres formes de combat à mains nues?
AKB: Le “combat slave” est un système d'attaque. Nous ne nous défendons pas, nous attaquons. Le principe d'un combat de défense est absurde, à mes yeux, et n'est pas conforme aux mentalités des Spartiates et des Chevaliers européens. Le combat d'attaque est un combat honnête, sans procédés perfides. Cette tradition est à l'opposé de la tradition orientale. Celle-ci imite les mouvements des animaux alors que nous, nous imitons ceux des armes. Imiter les animaux constitue une perversité pour l'homme. Même chose pour les horoscopes orientaux: ils disent par exemple “c'est l'année du cochon” et ceux qui sont nés cette années-là disent “je suis un cochon”. Ce sont là des simplismes que je trouve dévalorisants.
Q.: Pourtant, il y a un culte du loup chez les Promores, les habitants de la côte de la Mer Blanche?
AKB: Le Loup est le totem des tribus guerrières. Mon totem est le Loup Bleu.
Q.: Où en est la communauté païenne à Moscou?
AKB: En 1994, une scission a traversé le mouvement païen. Nous nous sommes séparés des païens qui n'avaient que des intérêts mercantiles, pour former une véritable communauté de guerriers. Le guerrier ne peut pas être fondamentalement un chrétien. En effet, comment concilier le métier des armes, le métier de la guerre, avec le précepte chrétien d'aimer son ennemi? Au combat, le guerrier hait son ennemi, sinon il ne peut pas le combattre efficacement. Un vrai guerrier sera toujours un païen. En tant que Russes et que Slaves, nous vénérons essentiellement Peroun, le Dieu du Tonnerre dans la mythologie de nos ancêtres.
Q.: Combien de membres compte votre communauté?
AKB: Nous sommes environ 40.000.
Q.: Coopérez-vous avec d'autres organisations païennes?
AKB: Non, avec aucune autre organisation. A mon grand regret, je ne connais aucune organisation qui recherche tout à la fois force et sagesse.
Q.: Vous préparez la création d'un grand mouvement. Pouvez-vous nous en dire quelques mots?
AKB: Notre objectif est de créer en Russie une communauté de professionnels de la guerre, du combat et de la défense, structurée par des référentiels païens. Pour moi, tout guerrier est un prolétaire: il ne possède que sa force. Et seule sa force compte dans sa fonction. Je ne tiens pas le prolétariat pour une classe, mais pour un degré de développement mental.
(propos recueillis par Gilbert Sincyr et traduits par Anatoli M. Ivanov).
04:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, paganisme










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