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13/07/2016

Un toréro meurt en direct : les zoolâtres révèlent leur véritable nature En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/nicolaskirkitadze/un-torero-meurt-en-direct-les-zoolatres-revelent-leur-veritable-nature,270795#CqSzykB1kz0QGWby.99

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Victor Barrio, un jeune torero talentueux de 29 ans, a trouvé la mort dans l’arène de Teruel en exerçant son art si noble. C’est la première fois depuis 1985 qu’un tel drame se produit en Espagne. Beaucoup d’Ibériques, choqués, ont tenu à rendre hommage à ce jeune homme prometteur, parti trop tôt au paradis des héros.

Côté français, la réaction est plus mitigée. M’étant essayé au jeu de lire les commentaires des internautes pour sonder la profondeur de la pensée plébéienne, j’ai pu constater de mes yeux à quel point l’humanisme est présent dans le cœur de ceux qui jurent sans cesse par la compassion et l’amour. À cela s’ajoute une ignorance manifeste non seulement de la corrida, mais aussi de la langue française et de toute règle élémentaire de politesse.

Oubliant que ce torero avait une famille et des amis qui sont aujourd’hui en deuil, qu’il était un homme avant d’être un matador, le rageur déverse sa haine sur ce mort dont il ignorait l’existence hier, et qu’il se permet à présent de juger sur son seul métier. « Juger » est vite dit, « lyncher » serait plus approprié.

 

Les « Bien fait pour ta gueule, connard » fusent, ainsi qu’une multitude de « Pet à son âme ». Certains vont jusqu’à féliciter le taureau. Hier, les mêmes partageaient sur leurs murs Facebook des photos figurant des petits cœurs et des angelots, quand ce n’était pas des citations du Bouddha ou de Gandhi sur la compassion. Ils le referont demain, comme si de rien n’était.

Ce n’est pas la première fois que la foule s’enflamme sur un sujet similaire. Mon premier article dans Boulevard Voltaire portait sur un États-Unien en proie à la vindicte de la populace pour avoir tué un lion au Zimbabwe. Cela m’avait valu un flot d’insultes de la part de ces mêmes disciples de Gandhi que la mort du torero fait jubiler. Précision utile : depuis, cet États-Unien a retrouvé la tranquillité, il a même rouvert son cabinet où il continue à exercer doctement sa médecine ; quant à ceux qui le menaçaient de mort, ils gisent toujours dans leur misère affective et intellectuelle.

Mais que diable reproche-t-on à ce torero ? D’avoir perpétué un art ancestral en y vouant sa vie, d’avoir été « méchant » avec les taureaux, d’avoir diverti les aficionados en risquant moult fois sa vie dans d’héroïques joutes représentatives de l’affrontement nécessaire et omniprésent entre l’homme et la nature.

Ou alors est-ce le goût du lynchage qui pousse ces hordes de beaufs à cracher sur la mémoire d’un mort, à défaut de pouvoir s’en prendre à son corps ? À l’instar de leurs ancêtres qui avaient coutume d’infliger nombre de tourments aux dépouilles des « sorciers », des huguenots et d’autres personnages mal-pensants, ces nouveaux gardiens de la morale estiment être dans leur bon droit en vouant aux gémonies un homme qui, à leurs yeux, ne peut prétendre au statut d’être humain à cause de ses pêchés laïcs.

Olé !


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14:25 Publié dans Corrida | Lien permanent | Commentaires (0)

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